10/11/2009

Mesures

Mesures en faveur des jeunes en fonction des coefficients familiaux


1. Ecole, alphabétisation et formation professionnelle obligatoires pour tous les jeunes


2. Gratuité de l’enseignement public


3. Meilleur encadrement et suivi de l’enseignement privé


4. Gratuité des fournitures scolaires de première nécessité ou versement en début de chaque rentrée scolaire des frais de fournitures de première nécessité dont le montant sera indexé sur le revenu des parents ou du tuteur légal d’un enfant


5. Cantine scolaire tenue par les « mamans école »


6. Internats dans les établissements d’enseignement secondaire et dans les centres de formation professionnelle pour les élèves dont les parents ne résident pas sur place et pour les orphelins


7. Centres d’accueil pour les enfants dits « de la rue »


8. Bibliothèques scolaires


9. Suppression des taxes sur les ouvrages scolaires et réduction des taxes sur les autres livres


10. Réquisition de transport pour les grandes vacances scolaires


11. Tickets modérateurs en cours d’année scolaire pour les transports publics urbains et l’accès aux salles de spectacle (exclusion boîtes de nuit, bars et dancings), aux musées et aux bibliothèques


12. Prix d’excellence dans le domaine des études, de la formation professionnelle, de la culture, des sports et entrepreneurial


13. Bourses d’études ou de formation professionnelle


14. Mensualisation des bourses


15. Ouverture de compte bancaire aux boursiers


16. Colonie de vacances


17. Camps de jeunesse


18. Service militaire en fin d’études ou de formation professionnelle avant l’intégration dans la vie active


19. Service d’intérêt général


20. Stage rémunéré


21. Prime d’embauche des jeunes


22. Couverture sociale par la mutuelle des étudiants


23. Auto-école étudiant à tarif réduit


24. Crédit d’études ou de formation professionnelle


25. Œuvres universitaires développées et variées


26. Séjour linguistique ou d’étude à l’intérieur du pays ou à l’étranger par convention


27. Création, animation et participation des clubs universitaires aux championnats nationaux et internationaux


28. Création du CIO (Centre d’information et d’orientation) dans toutes les inspections académiques


29. Suppression du concours d’entrée en sixième et du certificat d’études primaires élémentaires


30. Instauration d’un livret scolaire depuis la maternelle jusqu’à l’entrée en sixième


31. Allocation chômage aux primo-demandeurs d’emploi


32. Soutien aux syndicats d’étudiants


33. Allocations familiales aux parents des apprenants


34. Crédit de financement à taux modéré de tout projet de création d’entreprise en fin d’études ou de formation professionnelle après validation du projet et stage obligatoire de formation entrepreneuriale


35. Dotation des étudiants boursiers en ordinateur portable


36. Assistance multiforme aux Clubs de jeunesse


37. Création des Maisons communales de la jeunesse et de la culture


38. Chaque ambassade centrafricaine est responsable des conditions de réussite de chaque étudiant ou stagiaire dans sa zone de compétence


39. Soutien scolaire aux enfants en grandes difficultés


40. Crédit automobile ou mobiliers au terme des études ou de la formation professionnelle avec l’aval de l’Etat.


Elois ANGUIMATE.

Interview

Interview accordée par Elois ANGUIMATE

SOLIDARITE : ANGUIMATE, candidat à la présidentielle en Centrafrique, vous venez d’effectuez un voyage en France. C’est à quelle fin et quels sont les résultats obtenus ?

ANGUIMATE : Je vous remercie pour l’occasion que vous me donnez dans vos colonnes pour m’adresser à vos fidèles lecteurs que je salue. Avant de répondre à votre question, permettez-moi de réagir à quelques faits marquants de l’actualité.

Je voudrais saluer l’attribution du Prix Nobel à Barak Obama, Président des Etats-Unis d’Amérique qui incarne le renouveau et l’espoir dans notre monde d’aujourd’hui en proie à de nombreux conflits, me féliciter de l’accord intervenu entre notre gouvernement et les partis politiques au sujet de la répartition des postes au sein de la CEI, de la nomination au sein du bureau de la coordination de la CEI des compatriotes qui se montrerons dignes de la mission qui leur est confiée, espérer dans un proche avenir que toutes les facilitations leur sera accordée afin qu’ils s’attèlent à leur tâche, dire ma préoccupation par rapport au retrait de Miskine du processus de paix difficilement enclenché dans notre pays et inviter les deux parties Miskine et le gouvernement) à renouer rapidement le fil du dialogue en vue d’aplanir le différend à l’origine de ce nouveau clash préjudiciable à terme aux importantes échéances qui nous attendent en 2010. Je voudrais enfin clore cette parenthèse en déplorant la tragédie qui vient de frapper nos enfants dans la Ouaka et en présentant aux familles endeuillées mes condoléances les plus attristées. Plutôt que de dépêcher deux Ministres pour constater le fait, un gouvernement digne et responsable se prendrait autrement. Il s’attaquerait aux causes et non aux conséquences des malheurs qui nous arrivent

Je reviens d’un voyage en France où j’ai pris part en tant que conférencier aux côtés de mes aînés Jean-Claude KAZAGUI et Maître Lambert ZOKWEZO à une soirée culturelle en faveur des Ecoles de Bangui. Elle a été organisée par les associations PARFUM FRANCE AFRIQUE et UN AUTRE CENTRAFRIQUE dont veuve Hélène Boganda est la Présidente d’honneur. Je n’ai pas reçu mandat pour dresser le bilan de cette soirée. Madame Hélène Boganda, qui séjournera très bientôt parmi nous, se fera le plaisir de dresser avec vous le bilan de cette soirée. De ce que j’ai retenu de cette soirée dont je puis témoigner, des engagements ont été pris par la Municipalité de Kremlin-Bicêtre ainsi que par la Section Socialiste de Kremlin-Bicêtre en faveur de nos écoles et de nos enfants.

SOLIDARITE : Candidat indépendant que vous êtes, un baobab s’entoure toujours bien ! Alors quels sont ceux qui vous entourent ?

ANGUIMATE : Merci de me prendre pour un baobab, encore que l’expression me fait sourire eu égard aux commentaires peu élogieux que certains de vos confrères font sur moi. Je n’ai pas souvenance qu’un baobab s’entoure d’autres arbres, lui qui en impose par sa taille. Si j’étais un baobab comme vous le dites, je me suffirais à moi-même et ne verrais pas l’utilité de m’entourer de qui ou de quoi que ce soit. Voyez-vous, c’est Boganda qui jetait déjà cet anathème : « Malheur à l’homme seul ». Je ne suis pas un aventurier. Je ne mène pas un combat solitaire. Je ne suis ni Zorro ni Rambot pour mener à moi seul à son terme cette fastidieuse entreprise. Il y a bien évidemment derrière ma candidature un peuple (les Centrafricains) et un pays (le Centrafrique) silencieux dans sa souffrance qui aspirent enfin à la paix et à la prospérité. Il y a aussi des amis sincères qui nous veulent du bien. Comme l’iceberg, je ne suis que la partie visible. C’est avec ce peuple meurtri, ce pays exsangue et ses amis que, patiemment, je me prépare à assumer cette charge.

SOLIDARITE : Seriez-vous candidat sous la coupe de la Convention nationale ? Si non, nous aimerions savoir si vous n’êtes plus avec ce parti.

ANGUIMATE : C’est depuis le 25 mars date à laquelle j’ai rendu publique ma candidature à l’élection présidentielle de 2010 que je me dis indépendant. Auriez-vous des doutes sur mes intentions ? Je ne peux pas être à la fois candidat indépendant et candidat de la Convention Nationale. Je ne suis pas encore doté de ce pouvoir d’ubiquité. J’aurai tant aimé être le candidat de ce parti m ais il ne me l’avait pas demandé. Puisque cette question revient comme un leitmotiv, je voudrais dire ceci : dans le malheur où ils vivent au quotidien qu’importe aux Centrafricains de savoir que je suis candidat de la Convention ou non ? Il y a, à mon sens, plus important. Les Centrafricains aimeraient savoir à quelle sauce ils vont cette fois-ci être mangés.

A ce sujet, j’ai rendu public mon projet de société pour les cinq années à venir. J’ai ouvert un site des discussions sur les trois parties de mon programme que sont : la réforme de l’Etat et de l’administration, la réforme économique, financière et bancaire, la réforme sociale avec pour point d’orgue les amendements de la Constitution. Je m’étonne qu’on n’en parle pas ou qu’on ne m’interviewe pas dessus. Est-ce que le moment n’est pas venu pour ouvrir le débat sur le sujet ? Ou est-ce une manière de me dire que je suis hors sujet ? Je ne vois pas sur quoi d’autre la campagne sera menée. A l’avenir, je suggère fortement que nous parlions des sujets qui concernent la vie des Centrafricaines et des Centrafricains que de la Convention Nationale qui n’est pas un thème de campagne.

SOLIDARITE : On ne s’engage pas à la présidentielle sans soutien. Etes-vous soutenu ? Si oui, par quel pays étranger ?

ANGUIMATE : Je n’ai jamais su qu’être soutenu par un pays étranger fait partie des critères à remplir pour se présenter à une élection présidentielle. Puisque vous me le dites, je vais m’y pencher dorénavant car, je crois que c’est le seul critère que je ne remplis pas aujourd’hui. Plus sérieusement : Arrêtons d’inviter les pays étrangers dans nos débats, de les encenser quand tout va bien et de les diaboliser quand tout va mal. Ne faisons pas croire à notre population je respecte mais que certains d’entre nous ne cessent d’infantiliser que ce sont les pays étrangers, amis du nôtre, qui votent à sa place. Je récuse cette vision simpliste comme je récuse celle sempiternelle qui consiste à rendre coupables de tous nos maux les pays étrangers. Il est temps que nous acceptons d’assumer le poids de nos échecs et de nos réussites s’il y en a devant l’histoire. La presse responsable doit travailler dans ce sens. Elle doit travailler à faire prendre conscience à la population de l’enjeu d’une élection qui se résume, hélas trop souvent, au débat de personnes, aux folklores, à l’achat pour un temps déterminé des consciences des braves citoyens et aux manœuvres d’intimidation d’une administration publique à la solde du régime en place. La presse doit cesser de parler des candidats comme si leur personne suffisait à elle seule à constituer un programme de développement, d’orienter le débat en faisant croire que telle ou telle personne sera ou non candidat, que c’est tel ou tel candidat déclaré ou non qui sera au second tour. Une presse responsable se doit d’être neutre quand bien même on sait que derrière la presse il y a des hommes et leur sensibilité. En tant qu’aiguillon, la presse doit aider à voir clair dans les programmes au-delà de ce que sont les individus, beaux ou laids, diplômés ou non, appartenant à telle ou telle région, à telle ou telle ethnie. .

SOLIDARITE : Quels sont vos soucis sur les problèmes du Centrafrique ?

ANGUIMATE : Les problèmes auxquels les Centrafricains sont confrontés sont si nombreux et si urgents qu’ils constituent tous pour moi des soucis. Je les ai réunis sous deux rubriques qui constituent la trame de mon programme de gouvernement : la paix et la prospérité. C’est un thème sur lequel nous reviendrons en détail si vous le voulez bien. Aujourd’hui ou demain, peu importe. Je suis prêt à soutenir la contradiction. Avec vous comme avec n’importe qui. Je me suis préparé durant des années pour cela. Je suis fin prêt à gouverner dans l’esprit du Pacte présidentiel pour la paix et la prospérité notre pays, la République Centrafricaine. Je ne sais pas si c’est le cas pour les autres candidats déclarés ou non dont j’entends depuis des mois de connaître leur projet de société.

SOLIDARITE : Que dites-vous sur les effusions actuelles par rapport au Code électoral ?

ANGUIMATE : Il ne s’agit pas d’une simple effusion autrement dit de quelque-chose d’anodin et de banal, une chicanerie de trop de l’opposition mais d’une action en faveur de la conformité du Code électoral à la Constitution. En matière de droit, sur une question de détail, un criminel peut être relaxé ou acquitté. C’est parce qu’ils le savent que les sages de la Cour Constitutionnelles qui sont des professionnels du droit ont accédé favorablement à la requête de l’opposition que nous devons féliciter pour sa vigilance.

SOLIDARITE : Avez-vous quelque-chose à vous reprocher durant votre passage à la tête de Pétroca comme PCA et du Ministère de l’Education nationale comme Ministre ?

ANGUIMATE : Je ne vois pas à quoi vous faites allusion. Je ne vais tout de même reprendre à mon compte ce qu’on me reproche depuis le jour où j’ai commis le sacrilège aux yeux de mes pourfendeurs de me déclarer candidat à la présidentielle de 2010. Je n’ai pas choisi de naître Banda. Serai-je un Gbaya qu’on me demanderait de me le reprocher. Je n’ai pas choisi non plus pourquoi je suis né telle date et telle année, dans telle famille et dans tel pays. Ces reproches qu’on me fait ou qu’on me demande de me faire comme si je devais avoir honte de moi et de tout ce que j’ai fait dans ma vie, les adresse-t-on aux autres candidats. En la vérité, je gène. Tant pai pour ceux que mon existence et ma candidature dérangent. Comprenez que je ne rentre pas dans le jeu de l’autoaccusation et encore moins de la victimisation.

Pour répondre à votre question, excusez-moi du peu. Je ne me reproche aucun crime de sang. Je ne me reproche aucun crime économique. Je ne me reproche pas d’avoir servi mon pays et mon peuple que ce soit sous les présidents Kolingba ou Patassé ce dont je suis fier. Je ne pense pas avoir été le seul candidat à l’élection présidentielle de 2010 à le faire. Je ne renie pas mes engagements passés, présents et futurs. Que ceux qui ont des doutes sur le maintien de ma candidature rassurent : je serai présent à l’élection présidentielle de 2010. Plutôt que de s’attarder sur ma modeste personne, ce qui est tout à fait leur droit dans un contexte de compétition nationale où tous les coups sont permis mêmes les plus lâches et les plus déshonorants, je les invite vivement à me rejoindre sur un autre terrain, celui sur lequel je me sens parfaitement à l’aise : le terrain du débat des idées autour de mon programme de développement.

SOLIDARITE : Avez-vous un message particulier à lancer aux centrafricains ?

ANGUIMATE : Demander aux Centrafricaines et aux Centrafricains de prendre soin d’eux et de faire très attention aux vautours qui se sont parés de tenue d’agneau qui sillonnent nos villes, nos villages et nos quartiers et qui distillent des propos mielleux et distribuent à tour de bras des présents sous forme d’aumône. Pourquoi aujourd’hui seulement et pourquoi pas hier ? Cinq ans : l’échéance prochaine. Devons-nous attendre cinq ans encore avant la nouvelle aumône et les propos mirifiques ? Et pendant ce temps que faisons-nous ou de quoi devons-nous survivre ?

A bon entendeur salut !

SOLIDARITE : Nous vous remercions.

ANGUIMATE : Je vous remercie et vous dis à bientôt pour un autre débat.

24/09/2009

LA REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE à L’HORIZON 2020*

De Martin Ziguélé

Située au cœur du continent africain et entièrement enclavée, la République Centrafricaine avec 623.000 km2 de superficie partage ses frontières avec cinq pays, notamment au nord le Tchad sur 1.197 km, à l’est le Soudan sur 1.165 kms, dans son flanc sud le Congo sur 467 kms et la République Démocratique du Congo sur 1090 kms , et enfin à l’ouest le Cameroun sur plus de 600 kms, et dont le port de Douala constitue l’accès le plus proche à la mer.

Ancienne colonie française sous le nom de « Territoire de l’Oubangui Chari », la République Centrafricaine est proclamée le 1er décembre 1958 sous l’impulsion de l’Abbé Barthélemy BOGANDA, député Oubanguien au Parlement français, décédé le 29 août 1959 dans un accident d’avion moins d’une année avant l’indépendance formelle du pays proclamée le 13 août 1960.

CARTE DE LA REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE

Membre du club peu envié des Pays les Moins Avancés, et classé au 171ème rang mondial sur 177 pays à l’Indice de Développement Humain (IDH) du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), ce territoire plus grand que la France est quasiment sous peuplé car avec environ 4 millions d’habitants il n’a qu’une densité de 6,8 habitants au km2.

La population centrafricaine est aujourd’hui très pauvre : l’incidence de la pauvreté y est de 67% en 2006, c’est à dire que 67 % de la population vit avec moins d’un dollar par jour, soit 72% de la population en milieu rural et 60 % en milieu urbain. Le PIB par tête d’habitant est de 401,5 USD en 2007, selon les estimations du PNUD.

Paradoxalement à l’extrême pauvreté des ses habitants, le pays regorge d’inestimables richesses minières (diamant, or, uranium et indices de pétrole et de fer), d’immenses potentialités agricoles (15 millions d’hectares de terres arables, soit près de 4 hectares disponibles par habitant, notamment dans le nord-ouest et le centre, principaux bassins agricoles des cultures de coton et cannes à sucre), d'abondantes réserves de bois tropicaux, ainsi que d’importantes ressources hydrographiques dont l’exploitation judicieuse pourrait faire de la République centrafricaine à la fois le grenier et le grand vivier de l’Afrique.

Il est vrai que plusieurs années de mauvaise gestion, de troubles politiques internes, ponctuées par une rébellion militaire et plusieurs mouvements de rébellions politico-militaires, ont très fortement réduit les capacités du pays, et diminué son attrait pour la communauté internationale. Cependant, le retour à la paix, s’il se confirme après le Dialogue Politique Inclusif qui vient de s’achever à Bangui, permettra au pays de se consacrer à son développement par la mise en valeur de ces opportunités.

D’ailleurs à elle seule, l’exploitation des mines d’uranium dans l’Est du pays, concédées à la société française Areva, aura des effets d’entraînement sur d’autres secteurs d’activités dans le pays, améliorera les infrastructures de transport, et permettra de penser à terme à une centrale nucléaire qui pourra vendre de l’énergie aux pays voisins.

En effet, l’uranium constituant une source énergétique à grande capacité, outre la production d’électricité, qui sera la principale activité relevant de l’extraction de l’uranium, plusieurs autres utilisations découlent de la transformation de ce minerai, notamment dans les domaines de la médecine et de l’agro-alimentaire, constituant autant de filières de développement du pays avec des avantages comparatifs certains.

L’énergie étant désormais une exigence planétaire, omniprésente dans tous les secteurs d’activité à travers le monde, la disponibilité en RCA[1] de grandes ressources énergétiques d’origine uranifère et hydrographique sont donc pour notre pays un atout majeur sur le triple plan politique, économique et social.

Sur le plan strictement agricole, la RCA peut devenir à l’horizon 2020 un véritable grenier pour l’Afrique, en exportant des surplus agricoles vers le Tchad, le Soudan, l’Ethiopie et même l’Erythrée, qui sont tous des pays structurellement déficitaires sur le plan agricole : les bonnes terres sont là, l’eau est là à profusion, il faut juste des capitaux, des semences et des bras qualifiés et expérimentés. Lorsque j’étais Premier Ministre, c’est cette opportunité que je voulais mettre immédiatement en valeur en invitant, lors d’une émission sur la chaîne de radiotélévision anglaise BBC les fermiers blancs expulsés du Zimbabwe à venir en RCA, compte tenu de leur expérience et du fait qu’ils avaient également fait du Zimbabwe à une époque de son histoire, le grenier de l’Afrique australe.

Enfin, la République centrafricaine a un grand intérêt géostratégique pour la communauté internationale : comme évoqué plus haut, le pays est frontalier à la fois du Soudan et du Tchad. A l’Est du Tchad et au Darfour soudanais, sévissent des guerres qui risquent à tout moment de déborder en Centrafrique. Compte tenu de la position centrale du pays, si la guerre y déborde, elle déstabilisera immédiatement toute l’Afrique centrale, en premier lieu ce pays-continent qu’est la République Démocratique du Congo avec lequel nous partageons plus de 1000 kms de frontières. Le Président français Nicolas Sarkozy l’a si bien compris qu’il a fortement bataillé auprès d’une Europe réticente pour mettre en place l’EUFOR[2] le long de la frontière tchado-centrafricaine face au Soudan. Elle sera bientôt remplacée par la Mission des Nations Unies en Centrafrique et au Tchad.

La République centrafricaine est une terre d’avenir et d’espoir pour les pays de l’Afrique centrale et de l’Est, comme futur grenier agro- alimentaire et comme réserve hydrique et énergétique, à condition que le pays connaisse durablement la paix et la bonne stabilité nécessaire, et que la communauté internationale y consacre les investissements nécessaires..


Martin Ziguélé

[1] RCA : République Centrafricaine

[2] EUFOR Tchad/RCA est une opération militaire de transition d’un an, étroitement coordonnée avec la présence multidimensionnelle des Nations-Unies dans l’est Tchadien et le nord-est de la République centrafricaine, afin d’améliorer la sécurité dans ces régions.



* Article publié par l'hebdomadaire africain "Les Afriques" spécialisé dans la finance africaine dans sa parution N°89 du 17 au 23 septembre 2009, en page 21.
Cet article a été initialement publié par la revue "Harvard African Policy Journal" du printemps 2009, édité par le Département d'Administration publique de l'Université de Harvard aux USA.

14/09/2009

Discours

Discours de Monsieur Hervé Nowak à l'occasion de la soirée culturelle organisée à Kremlin-Bicêtre le 5 septembre 2009 par les Associations "Parfum France Afrique "et "Un autre Centrafrique" au profit des écoles de Bangui dont Mme Hélène Boganda en est la Présidente d'honneur

Monsieur le candidat à l’élection présidentielle de la République Centrafricaine,

Messieurs les Ministres de la République Centrafricaine,

Votre Excellence,

Mesdames les Présidentes d’associations « Une autre Centrafrique », « Parfum d’Afrique France » et de « l’IFACé »,

Maître Zo Kwe Zo, Chevalier de l’Ordre National du Mérite Français

Madame la Maire Adjointe chargée de la culture,

Madame la Maire Adjointe Honoraire,

Camarades du Parti Socialiste et du MJS,

Enfin,

Mesdames, Messieurs

Bienvenue au Kremlin-Bicêtre !

Chère Hélène,

C’est avec grand plaisir que le Parti Socialiste que je représente ici en tant que Président de son groupe d’élus, a répondu à ton invitation, d’autant plus que Barthélémy Boganda était très proche du seul président socialiste que la V° République Française est connu, François Mitterrand.

Tu connais notre attachement à ton combat emplie d’une humanité indéniable.

Cette soirée, démontre un peu plus, l’importance que tu attaches à la République Centrafricaine en nous faisant partager ce moment culturel et gastronomique au profit des écoles de Bangui.

Alors, j’irais à l’essentiel pour ne pas vous gâcher cette belle soirée : Tu peux compter sur le soutien du Parti Socialiste du Kremlin-Bicêtre qui dès à présent s’associe à ce projet de soutien aux écoles de Bangui et organisera une collecte auprès de ses camarades.

Nous comptons bien apporter notre modeste pierre à l’édifice, ma chère Hélène, parce que nous voulons œuvrer, toujours, avec ceux qui partagent nos valeurs humanistes et de progrès !

De plus, j’ai une proposition à te faire : En tant que Vice Président de la Fédération Départementale des Elus Socialistes et Républicains du Val de Marne, je ne manquerais pas de défendre les intérêts de ce projet pour Bangui, parce que la coopération décentralisée prend toute sa dimension et son importance, surtout quand il s’agit de construire ou de reconstruire des écoles. Si tu en es d’accord, Hélène, je porterais et défendrais avec toi un projet de coopération décentralisée auprès de nos élus aux instances départementales et régionales au profit des écoles de Bangui. Tu sais pouvoir compter sur moi pour essayer de faire avancer les choses!

En ces temps de crise économique grave qui frappe de plein fouet l’ensemble de la planète, où même les pays les plus riches se retrouvent dans la position de colosses aux pieds d’argiles, le bien le plus précieux que nous devons préserver partout dans le monde est l’éducation de nos enfants, car ils représentent irréfutablement l’avenir de l’humanité.

La coopération entre les pays est une politique essentielle puisqu’elle constitue le progrès de l’humanité toute entière. C’est ensemble, main dans la main, dans la fraternité que nous devons avancer.

Alors sois en assurée, Chère Hélène, plus qu’hier et moins que demain, nous serons bel et bien à vos côtés.

Tu connais mon attachement aux valeurs antiracistes, je crois que la devise et le drapeau créé par le premier président de la république centrafricaine, Barthélemy Boganda, est un exemple parfait de ses valeurs qui doivent rester universelles, et, qui j’en suis sûr traverserons les âges.

Le Drapeau, symbole d’une patrie libérée, traversé par quatre bande qui symbolise les quatre grandes races de l’humanité, elles mêmes traversées par une unique bande rouge qui démontre que c’est le même sang qui coule dans nos veines.

Qu’on soit black, blanc, beur, peut importe, ce qui compte, c’est nous sommes l’humanité il qu’il n’existe pas de sous hommes ! Boganda avait vu juste…

Si le vert et le jaune du drapeau représentent les habitants des forets et de la savane, ils peuvent aussi revêtir un tout autre symbolisme.

Je veux bien sûr parler de ce crime contre l’humanité que fut la colonisation.

Le jaune, pour tout l’or qui a été volé, et le vert pour le bois des forêts, qui a servi à envoyer des dizaines de milliers d’êtres humains aux travaux forcés pour la construction de 500 Km de chemin de fer à vers l’océan.

Cette construction fut si meurtrière que certains historiens ont estimé les pertes humaines à un mort par traverse posée.

Quel lourd tribut payé par un peuple dans l’une des colonisations les plus brutales et meurtrière du continent Africain.

Si certains vantent dans la crétinerie la plus parfaite les bienfaits de la colonisation, si Nicolas Sarkozy pense que « Le drame de l'Afrique, c'est que l'homme africain n'est pas assez entré dans l'Histoire", avait-il dit. », je ne peux que leur réfuter qu’ils s’égarent, et qu’ils s’égarent gravement !

Car quelle histoire pour l’Homme Africain, histoire de tant de richesses culturelles et de ressources naturelles, et malheureusement histoire d’une odieuse traite humaine.

Plus récemment, fait historique d’un descendant de Kényan devenant président de la première puissance mondiale.

En colonisant l’Oubangui-Chari qui deviendra la république centrafricaine, la France a participé au génocide de la moitié de la population, en instaurant un impôt injuste et spoliant, l’impôt indigène, et les travaux forcés.

Et quand on garde le silence dans nos livres d’histoire sur ce crime contre l’humanité, n’est ce pas un deuxième génocide que l’on commet en quelque sorte ?

Alors, j’ai une pensée ce soir pour tous ces esclaves victimes de la traite humaine.

Les centrafricains peuvent être fiers d’en être leur descendant et d’avoir su briser les chaînes, car qui parle de colonisation parle forcément d’indépendance.

Ils peuvent être fiers de l’étoile d’or, étoile du progrès, qui ornent leur étendard, et symbolisent cette indépendance.

Ironie du sort, malgré ce génocide passé, l’Oubangui-Chari fut l’une des premières colonies à se rallier à la France Libre au mois d’Aout 1940 en organisant la résistance extérieure pour repousser hors de France l’envahisseur nazi et sa peste brune. Car les centrafricains savaient bien au fond à quel point la liberté et l’indépendance à laquelle ils aspiraient était essentielle, et nous savons bien à quel point nous sommes éternellement redevables à ceux qui ont fait le choix de la Résistance.

Aussi, en tant que premier des socialistes de cette ville, je ne cesserais de défendre l’instauration d’une journée de commémoration de l’abolition de l’esclavage colonial qui est reconnu comme un crime contre l’humanité, pour que jamais, non plus jamais, les jeunes générations ne puissent commettre les graves erreurs du passé.

60 millions d’africains ont été victime de ce crime contre l’humanité, traités tels des animaux. Ce génocide, nous devons sans cesse le commémorer, sans révisionnisme ni négationnisme, en faisant preuve de la plus grande humilité devant tant de souffrances et de barbarie endurées.

Et si l’on parle de crime, il faudra peut être, un jour, que les grandes puissances planétaires se décident, enfin, à l’indemniser !

C’est pourquoi nous devons rappeler encore et encore aux générations futures qu’il n’existe pas de valeurs plus fondamentales que la liberté, l’égalité et la fraternité.

Que quelles que soient leurs origines ou leur couleur de peau, cela ne compte pas, car la couleur de peau n’est pas ni une barrière ni une frontière, et comme le disait Jaurès, c’est qu’au fond, il n’y a qu’une seule race : l’humanité !

Pour conclure, excuser ma mauvaise prononciation en Sango mais oui « Zo Kwe Zo »

Zo Kwe Zo, un homme vaut un homme. Barthélemy Boganda nous l’a enseigné.

Fils d’une esclave qui fut battue à mort par les colons, il ne courbât jamais l’échine et fut un orateur brillant sur les bancs du lieu le plus important de la République Française : l’Assemblée Nationale.

Pour son patriotisme et pour faire de la Centrafrique une nation libre, unie, portant des valeurs universelles de dignité humaine, il en paiera finalement le prix le plus lourd, le prix de sa vie.

Je tenais respectueusement à rendre hommage à celui « qui est ailleurs et nulle part » (Gboganda) et qui est considéré comme le père de la nation centrafricaine.

Tout comme lui je rêve d’un monde meilleur, où Tous les Hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit.

Alors si ce soir on se la jouait fraternel ?

Je vous remercie et vous souhaite une excellente soirée dans cette belle salle du Kremlin-Bicêtre, ville fraternelle et solidaire !