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02/06/2009

Profession de foi et Programme du candidat

ANGUIMATE Elois

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PACTE PRESIDENTIEL POUR LA PAIX ET LA PROSPERITE


Election présidentielle

mars 2010



http://anguimatelois.ning.com





Introduction

Bâtir la paix et la prospérité sur le fondement d’un Etat centrafricain moderne et véritablement démocratique : tel est le motif au nom duquel je me présente avec ferveur et humilité au suffrage de mes compatriotes. Dans un tel État bien dirigé dans l’intérêt de tous, nous mènerons ensemble une vie digne et heureuse. Nous cesserons de raser les murs et d’être la risée des autres peuples. Nous serons de nouveau fiers d’être Centrafricains.

En 2010, nous fêterons nos 50 ans d’indépendance. Nous avions des atouts pour réussir dans un continent réputé difficile. Or notre pays abondamment pourvu par la nature s’est éloigné de son destin qui faisait de lui une terre d’asile et d’accueil, le pays de Zo kwé Zo si cher à Barthélemy Boganda, du Zo ayéké Zo et du So zo la, la Suisse africaine que cimente le Sango, notre langue nationale. Nous sommes responsables de faire mieux par nous-mêmes, pour nous-mêmes et pour nos descendants. Je ne me présente pas contre des personnes ou pour défendre un quelconque intérêt égoïste, mais pour des principes et des valeurs universels, non partisans, dans lesquels tous les Centrafricains qu’ils soient du Nord, du Sud, de l’Est, de l’Ouest ou du Centre, quelles que soient leur appartenance ethnique, clanique, régionale, linguistique, politique et leurs croyances religieuses peuvent se reconnaître, car elles sont au cœur de notre identité et de notre combat de chaque jour.

L’élection présidentielle étant essentiellement la rencontre d’un homme et d’un peuple, je ne me présente pas au nom d’un parti politique. Je refuse de me prêter au jeu de la division, de l’exclusion et des combines qui minent les partis politiques chez nous et menacent dangereusement la cohésion nationale. Je m’engage à ce qu’aucun Centrafricain de quelque bord que ce soit ne soit abandonné au bord de la route.

L’exercice du pouvoir s’est tellement dégradé chez nous que beaucoup ont perdu la foi en ces valeurs. Je voudrais redonner espoir et confiance à tous. Pratiquons ces valeurs tous ensemble, et nous cesserons de survivre, de stagner, de nous vivre en ennemis, de nous exclure comme nous le faisons. Le développement sera palpable : la prospérité reviendra, nos projets auront un sens, nos ambitions seront crédibles, la solidarité triomphera.

Mais pour que de vraies valeurs nous mènent vers le bonheur national, l’État devra se réformer. Notre État est malade, mais guérissable. La responsabilité de le guérir nous incombe à nous Centrafricains, individuellement et collectivement, car nous émanons tous d’un État souverain et indépendant dont nous devons être fiers et jaloux. Je prends des engagements solennels pour que les Centrafricains puissent juger sur ses résultats l’État qui doit les représenter et défendre leurs intérêts. Non seulement j’assume le risque de cette décision inédite mais j’estime qu’un État qui veut gouverner au nom de valeurs doit sans cesse se remettre et être remis en question pour remplir efficacement sa mission : être au service du peuple.

Après l’exposé sur les réformes de l’État, je fixe des caps que je juge prioritaires pour les Centrafricains. Le plus important est de ramener la prospérité et le développement, d’où la priorité accordée au volet économique et social. Cela dit, les Centrafricains doivent savoir que la plus grande richesse d’un pays, c’est son peuple. La prospérité en Centrafrique, oui, mais pour rendre les Centrafricains plus heureux.



Première partie : Profession de foi

Je crois en la Paix.
Je suis un homme de paix. J’aime la paix. Je n’ai pas de la paix une vision simpliste ou restrictive. Je parle de la paix en sachant de quoi il s’agit. Je prétends être l’un de ses ardents défenseurs dans notre pays.

La paix, c’est bien plus que la sécurité publique obtenue par la police, la gendarmerie et l’armée.

La solitude, la nuisance, la faim, l’offense, l’insatisfaction, la privation, la mort, la maladie, le chômage, la violence verbale ou physique tout autant que la guerre constituent à mes yeux un motif réel de rupture de la paix à l’origine des nombreux conflits que nous connaissons. Je considère que la paix est la condition sine qua non du développement durable harmonieux.

Le Centrafrique doit redevenir un pays où il fait bon vivre, puis aller vers la concorde nationale.

Je m’engage donc solennellement à instaurer et consolider la paix dans notre pays. Certains croient la paix impossible en Afrique et plus particulièrement chez nous, en Centrafrique, ou alors sous l’égide des organisations internationales. Ils se trompent largement tant que les problèmes à l’origine des tensions et des guerres fratricides ne sont pas satisfaits. Je constate à ma grande satisfaction que la paix progresse dans plusieurs pays d’Afrique. Ce qui fonctionne ailleurs réussira chez nous. Je ne me contenterai pas de séparer des combattants. Le frère embrassera le frère. Ensemble, nous édifierons sur les ruines de nos déchirements passés une nation de paix.

Je crois au bonheur.
Être heureux. Qui ne rêve pas cela ? Et pourquoi s’en priver dès lors que cela ne fait du tort à personne et que c’est du domaine de l’humainement possible ? Tout être humain aspire légitimement à vivre heureux et à rendre les siens heureux. C’est un droit inaliénable. Je veux que des papas et des mamans voient leurs enfants grandir dans le bonheur en Centrafrique plutôt que d’aller le chercher ailleurs, tout en offrant une vieillesse digne aux grands-parents. Nos dirigeants, en panne d’idées et de projets salvateurs pour l’avenir et manquant surtout de courage et d’ambition, nous ont appris à renoncer à la quête du bonheur et, malgré les nombreuses richesses dont la généreuse nature a doté notre pays, à accepter la pauvreté dans laquelle nous vivons comme un signe de fatalité et de nous satisfaire d’aumônes et surtout d’aides qui sont en vérité des dettes.

Je ne crois pas en la fatalité, autrement dit, en cette force surnaturelle par laquelle tout ce qui nous arrive est déterminé d’avance.

Pourquoi le destin s’acharnerait-il contre nous uniquement et non pas contre les communautés étrangères nombreuses qui vivent sur notre sol et y fleurissent ? J’affirme que ce qui est vrai pour ces communautés étrangères doit l’être également pour nous et vice versa. Notre enclavement ne nous condamne en rien. Il n’est pas un obstacle insurmontable à notre développement. Je m’engage à en faire un atout.

J’ai toujours éprouvé une grande admiration pour les personnes qui réussissent. Elles m’ont toujours inspiré dans mes actions. Je ne suis pas un fataliste, encore moins un défaitiste. Je suis un optimiste et un battant. Je suis un homme d’action. Ma devise est : « A cœur vaillant, rien n’est impossible ».

Jeter des défis et les relever, rendre l’impossible possible ou envisageable, résoudre des problèmes jugés insurmontables, améliorer le quotidien m’a toujours passionné. Je veux partager cette passion avec vous.

Je nourris de grandes ambitions pour notre pays et pour nous. Ces ambitions sont conformes à nos potentialités et à nos attentes légitimes. Rien ne nous interdit d’être heureux. Rien ne nous interdit de rechercher le bonheur pour nous-mêmes et pour nos familles.

Je veux partager ces ambitions avec vous.

Faisons connaître le Centrafrique qui gagne et qui réussit. Rappelons à nos bons souvenirs ce Centrafrique qui, jadis, était craint et respecté, ce Centrafrique qui était envié, ce Centrafrique dont la jeunesse brillait sur tous les terrains de compétition et faisait notre fierté. Réveillons en nous cet orgueil qui faisait notre fierté. Cessons d’être des spectateurs passifs chez nous tandis que le monde bouge autour de nous. Devenons des acteurs, des artisans de la paix et de la prospérité. Donnons ensemble naissance à un autre Centrafrique, un Centrafrique qui force l’admiration.

Je crois en la Prospérité.
Prospérer, c’est avoir une bonne santé physique et mentale, vivre dans l’abondance, voir sa richesse augmenter, connaître un heureux développement, en un mot être heureux.

A chacun de leur déplacement à l’étranger, nous nous demandons ce que nos dirigeants vont nous ramener. Cinquante (50) très longues années que cela dure. Le résultat se décline de la manière suivante :
- Selon les données du Rapport Mondial 2003 sur le développement humain, notre pays si jeune et si riche est classé au 171e rang des 173 pays observés ;
- Plus de 67% d’entre nous vivent avec moins d’un dollar américain par jour ;
- Plus de 60% d’entre nous ne mangent pas à leur faim ;
- Notre espérance de vie est la plus faible au monde. Elle est passée de 49 ans à 44,3 ans tandis que les autres pays connaissent un bond spectaculaire en avant de 10 ans;
- Notre pays occupe le 10e rang des pays les plus infectés au monde par le VIH/SIDA et le 1er rang dans la sous région Afrique centrale ;
- 248 de nos enfants âgés de moins de 5 ans sur 1000 meurent chaque année ;
- Notre pays est le pays au monde où meurt le plus grand nombre de femmes à l’accouchement ;
- Notre pays se caractérise par la faiblesse voire l’inexistence d’investissements publics, en particulier dans les infrastructures socio-économiques de base.

Cinquante ans, c’est très long quand on est pauvre et finit par baisser les bras. Mais c’est pendant ce temps très court qu’un pays comme la Corée du Sud est passée de la misère la plus noire à l’opulence que les autres lui envient. Jadis assistée, elle aide aujourd’hui les autres pays. La Corée du Nord n’a appris qu’à affamer ses enfants et terroriser ses voisins. Dans une Amérique centrale encore largement chaotique, cinquante ans ont suffi au Costa Rica pour établir un modèle de démocratie. Ces faits me font croire que l’être humain est responsable de ses actes. Il a son destin entre ses mains.

Si nous le décidons, nous prospérerons tous ensemble. C’est maintenant que nous devons le faire.

Je crois en la démocratie.
Je suis un démocrate convaincu. Je veux faire de la démocratie en Centrafrique un modèle. Je vous ferai aimer la démocratie qui est la forme du gouvernement dans laquelle la souveraineté appartient au peuple seul qui peut l’exercer directement ou par l’intermédiaire de ses représentants qu’il a librement choisis.

Les bases pour un renouveau d’une démocratie véritable que je vous propose sont contenues dans les amendements à l’actuelle constitution que je ferai votés par le Parlement. Celle-ci a été taillée sur mesure et fait la part trop belle à un Pouvoir Exécutif omniscient, omniprésent, omnipotent au détriment du Pouvoir législatif, du Pouvoir Judiciaire et du Contre-pouvoir qu’est la Société Civile.

La population centrafricaine a montré à plusieurs reprises qu’elle pouvait élire démocratiquement ses représentants dans le calme et le pluralisme. Tirant les leçons de nos échecs passés, nous devons faire en sorte que l’arbitraire et la tyrannie soient définitivement proscrits dans notre pays. Il en est de même des prophètes ti wataka na ti mvéné, les charlatans qui ont fait de notre misère et de la politique leur fonds de commerce.

Je crois en la justice
La liberté et la justice se tiendront la main sur notre sol. Alors le centrafricain ne corrompra pas son frère, le faible ne rampera pas devant le puissant, l’équité sera sur toutes nos lèvres et dans nos regards. La crainte de la Justice étant le début de la sagesse, je m’emploierai à ce que la justice reprenne ses droits et ferai d’elle le fer de lance dans la lutte inlassable que je mènerai contre la corruption et l’impunité, deux fléaux qui gangrènent notre pays et qui sont malheureusement érigés en méthode de gouvernement dans notre pays. Je rendrai aux Magistrats et aux Auxiliaires de Justice leur indépendance, leur honneur et leur dignité longtemps bafoués par ceux-là même que la constitution en fait le garant de la justice dans notre pays. Sans eux, la justice n’est que parodie. Je constate et m’étonne que notre pays qui se dit pourtant un Etat de droits soit le seul au monde qui ne possède ni un palais de justice ni une prison digne de ce nom. Dans ces conditions, comment voudrions-nous que nos droits soient défendus ?

Le droit de la défense sera renforcé et défendu. Il sera accordé une aide juridictionnelle à toute personne démunie afin de lui permettre de s’octroyer les services d’un avocat de son choix.

Je crois en la liberté, autrement dit en cette possibilité que l’homme a d’agir de manière autonome et responsable pour son bien et le bien d’autrui, sans être soumis à la fatalité ni au déterminisme biologique ou social.

A travers le monde des hommes et des femmes se battent chaque jour jusqu’au sacrifice de leur vie pour la liberté de penser, de s’exprimer, d’aller et venir, d’entreprendre. C’est dire combien celle-ci est importante et précieuse.

J’ai eu la chance avec mes frères et mes sœurs d’avoir des parents qui nous ont élevés dans l’harmonie et l’unité en laissant chacun de nous libre de choisir, en fonction de ses capacités intrinsèques, ses orientations professionnelles, culturelles et spirituelles.

Cette liberté à laquelle je tiens plus qu’à tout et ce respect d’autrui que m’ont inculqués mes parents, renforcés par mes études et mes rencontres, ont façonné mon caractère.

Il en est très certainement ainsi de chacun de vous.

A ce titre, nous ne devons pas avoir peur de nos différences et de nos contradictions. Nous devons les percevoir plutôt comme des facteurs d’enrichissement mutuel.

C’est pourquoi, je prends l’engagement de veiller à ce qu’aucun Centrafricain ne soit privé de sa liberté, si ce n’est par une décision définitive de justice.

Je crois en l’être humain et en sa capacité à se sortir de situations difficiles telles que celle que nous subissons.

J’espère qu’un jour, les Centrafricains seront grands et respectés dans la prospérité et le bonheur. Je le crois car je vous ai vus à l’œuvre, dignes dans la souffrance, jamais abattus par les malheurs. Je vous ai vus vous battre bec et ongles contre le destin. Je vous ai vus vous muer et vous livrer à toutes sortes d’activité pour vous maintenir en vie. Un autre peuple que vous n’aurait pas survécu à ce que vous avez enduré tout ce temps. Je vous sais gré pour votre courage et votre détermination.

J’ai absolument besoin de vous, de votre courage et de votre détermination pour mener à bien le projet de société contenu dans ce pacte présidentiel.

La paix, la prospérité, la démocratie, la justice, la liberté et l’être humain que vous êtes toutes et tous constituent donc le socle de ce Pacte Présidentiel que je soumets à votre approbation et pour lequel je vous demande de voter massivement.




Deuxième partie : Programme du candidat

Un pays se définit par son territoire, sa population et un Etat souverain indépendant. Celui-ci doit être légitimé à la fois par sa population et par la communauté internationale. Quel est aujourd’hui le principal handicap de notre pays ?

Ce n’est pas son territoire. Le pays est certes enclavé, sans accès à la mer mais l’enclavement n’empêche aucun peuple de réussir, aucun pays de se développer. Nous avons des atouts : notre territoire est vaste, l’eau y est abondante et le sous-sol est riche.

Ce n’est pas non plus sa population. Nous sommes très peu nombreux, c’est vrai mais d’autres pays souffrent de leur surpopulation. Notre peuple aux origines diverses est globalement jeune et foncièrement pacifique, ce qui est en soi un atout pour le développement de notre pays que nous devons mettre en valeur.

Notre principale difficulté, qui nous vaut une image internationale très médiocre, c’est le mauvais fonctionnement de notre Etat, en somme la mauvaise gouvernance. Depuis son indépendance, le Centrafrique a très peu connu d’alternance, et a pris l’habitude de voir les militaires prendre le pouvoir par la force des armes et gérer les affaires courantes comme bon leur semble, en piétinant très souvent les textes fondamentaux régissant le fonctionnement de notre pays dont, dans bien des cas, ils sont les initiateurs à leur corps défendant.

Je m’engage à prouver devant l’histoire, au terme de cinquante ans d’indépendance et d’errements, que le Centrafrique peut être dirigé démocratiquement, avec tous les outils d’un Etat de droit moderne qui reflète les aspirations profondes de la population et inspire confiance à la communauté internationale.

I. Réformer l’Etat pour mieux servir le peuple

Voici mes propositions pour une transition rapide vers un Etat centrafricain beaucoup plus légitime et crédible. Elles touchent au rétablissement d’une vraie démocratie de l’Etat centrafricain, à une proximité retrouvée avec toute sa population, à un meilleur encadrement administratif de la totalité de notre territoire pour en assurer son développement.

Un Etat souverain aux pouvoirs clairement définis

1. La Constitution et les amendements à l’actuelle constitution en vue de rendre l’exercice du pouvoir plus démocratique:

Mon élection comme Président de la République consacrera la fin de la peur qui nous mine et qui nous a injustement dépossédés de notre prérogative de « souverain national » grâce à laquelle nous aurions pu peser durablement sur notre destin.

Voici ce que proclame la loi fondamentale de notre pays :
« Le principe de la République est LE GOUVERNEMENT DU PEUPLE, PAR LE PEUPLE ET POUR LE PEUPLE. La souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par voie du référendum ou par ses représentants. Aucune fraction du peuple ni aucun individu ne peut s’en attribuer l’exercice ni l’aliéner. L’usurpation de la souveraineté par coup d’Etat ou par tout autre moyen constitue un crime imprescriptible contre le peuple Centrafricain. Toute personne ou tout Etat tiers qui accomplit de tels actes aura déclaré la guerre au Peuple centrafricain. »

Comment peut-on avoir ces lignes et concentrer entre les mains d’un seul individu, en l’occurrence le Président de la République, tous les pouvoirs de l’Etat et nous étonné, par après, qu’il devienne « intouchable » ?

Afin qu’aucune personne, aucune institution ne vive dans la terreur qu’inspire une telle concentration de pouvoirs, ne soit soumise à l’arbitraire du Président de la République, je soumettrai dans les trois (3) mois qui suivent la formation du gouvernement au vote du Parlement un projet d’amendements à l’actuelle constitution. Ils viseront d’une part à rétablir l’équilibre entre les Pouvoirs Exécutif, Législatif et Judiciaire et d’autre part à renforcer les capacités institutionnelles de la Société Civile en tant que partenaire incontournable.

Les amendements porteront sur les points suivants :

Titre III : Du pouvoir Exécutif
Chapitre 1er : Du Président de la République
Art 22 :
Alinéa 7 :
Au lieu de : Il promulgue les lois, signe les ordonnances et les décrets.
Lire : Il promulgue les lois et signe les décrets.
Alinéa 9 :
Au lieu de : Il préside le Conseil Supérieur de la Magistrature, la Commission Consultative du Conseil d’Etat et la Conférence des Présidents et du Procureur Général de la Cour des Comptes ; il veille à l’exécution des décisions de justice.
Lire : Il veille à l’exécution des décisions de justice.
Art 24 :
Alinéa 4 :
Au lieu de : Ils doivent jouir de leurs droits civiques, être de bonne moralité et capables d’assurer avec lucidité et efficacité les fonctions de leur charge.
Lire : Ils doivent jouir de leurs droits civiques et n’avoir pas été condamné à une peine infâmante.
Art 25
Alinéa 5
Au lieu de : « Je jure devant Dieu et devant la nation d’observer scrupuleusement la constitution… »
Lire : « Je jure d’observer scrupuleusement la constitution… »
Art 29
A titre exceptionnel, pour une durée limitée et pour l’exécution d’un programme déterminé… Cet article est à supprimer parce que vecteur d’arbitraire sauf si le contenu de ce programme est préalablement et constitutionnellement défini, ce qui n’est pas le cas.
Art 33 :
Le Président de la République peut, après consultation… prononcer la dissolution de l’Assemblée Nationale…
Cet article est antidémocratique. Il est à supprimer au nom de la séparation des pouvoirs. Les Députés tiennent leur légitimité du peuple. A ce titre, ils ne sont pas soumis au bon vouloir du Chef de l’Exécutif qui n’est soumis pratiquement à aucune hypothèque.
Art 36
Alinéa 2
Au lieu de : L’absence du contreseing peut entraîner la nullité de ces actes.
Lire : L’absence de contreseing entraîne la nullité de ces actes.
Chapitre 2 : Du Gouvernement
Art 39
Alinéa 6
Au lieu de : L’absence du contreseing peut entraîner la nullité de ces actes.
Lire : L’absence du contreseing entraîne la nullité de ces actes.
Titre IV : Du Pouvoir Législatif
Chapitre 1er : Des Députés
Art 50
Alinéa 2
Au lieu de : Le mandat du député ne peut être écourté que par dissolution de l’Assemblée Nationale ou par la démission, la radiation ou la déchéance de celui-ci.
Lire : Le mandat du Député ne peut être écourté que par la démission, la déchéance par voie judiciaire ou le décès dudit Député.
Art 51
Alinéas 1 et 2
Au lieu de : L’Assemblée Nationale élit son Président pour la durée de la législature dans les huit (8) premiers jours de son installation.
Les autres membres du Bureau sont élus tous les ans.
Lire : L’Assemblée Nationale élit son Président et les autres membres du Bureau pour la durée de la législature dans les huit (8) premiers jours de son installation.
Titre VI : De la Cour Constitutionnelle
Art 74
Alinéa 3
Au lieu de : Les membres de la Cour Constitutionnelle sont désignés comme suit :
- deux (2) Magistrats dont une femme élus par leurs pairs ;
- un (1) Avocat élu par ses pairs ;
- deux Professeurs de Droit élus par leurs pairs ;
- deux (2) membres dont une (1) femme nommés par le Président de la république ;
- deux (2) membres dont une (1) femme nommés par le Président de l’Assemblée Nationale.
Lire : Les membres de la Cour Constitutionnelle sont désignés comme suit :
- deux (2) Magistrats dont une (1) femme élus par leurs pairs ;
- deux (2) Avocats dont une (1) femme élus par leurs pairs ;
- deux (2) Professeurs de droit dont une (1) femme élus par leurs pairs ;
- trois (3) Personnalités de la Société Civile dont au moins une (1) femme élues par leurs pairs.
Alinéa 8
Au lieu de : En sus des membres ci-dessus prévus, les anciens Présidents de la République sont membres d’honneur de la Cour Constitutionnelle avec voix consultative.
Lire : En sus des membres ci-dessus prévus, les anciens Présidents de la République jouissant de leur droit civique et n’ayant pas été condamnés à une peine infamante sont membres à vie de la Cour Constitutionnelle avec voix délibérative.
Titre VIII : De la Haute Cour de Justice
Ces dispositions seront supprimées parce qu’irréalisables dans les faits. Elles mettent le Président de la République au-dessus du citoyen lambda et le soustraient de la justice. La Haute cour de Justice sera dissoute. Les moyens mis à sa disposition seront affectés au renforcement de la justice dans notre pays.
Titre XII : Du Conseil National de la Médiation
Art 104 et 105.
Ces dispositions seront supprimées parce que non opératoires et inefficaces. Il s’agit-là d’un poste honorifique de plus et une voie de garage pour remercier un compagnon de lutte ou caser un membre de la famille. Les moyens affectés au Conseil National de la Médiation serviront à renforcer la démocratie et l’état de droit dans notre pays.

2. Le Parlement :

Je m’engage à rendre au Peuple l’exercice et le contrôle du pouvoir en mettant en place une représentation renforcée constituée de (2) chambres. Ces deux chambres réunies formeront le Parlement Centrafricain.
- L’Assemblée Nationale est l’une de ces deux chambres. Elle sera composée de députés qui seront élus au suffrage universel direct. Ils seront les représentants de l’ensemble de la Nation.
- Le Sénat est l’autre chambre. Il sera composé de sénateurs élus tous les 9 ans au suffrage universel indirect renouvelable par tiers tous les 3 ans. Les sénateurs seront élus par les conseillers régionaux, les conseillers municipaux et les chefs de quartier et de village. Le Sénat représentera les collectivités territoriales et les centrafricains établis à l’étranger. Cette chambre ne pourra être dissoute. Elle interviendra en cas de révision constitutionnelle.

3. La justice et la prison :

Je crois en la justice sans laquelle il n’y a pas de paix durable. C’est pourquoi je lui accorderai une grande importance sous ma présidence.

Je constate avec étonnement que notre pays est le seul au monde qui proclame être un Etat de droits mais qui ne dispose curieusement pas de tribunal et de prison dignes de ce nom.

Je pourvoirai à cette carence dans les deux (2) premières années de mon mandat en réhabilitant ou en construisant des Palais de justice et des prisons à travers le pays. Je relèverai d’ici la fin de mon mandat de manière significative en vue d’une plus grande diligence dans le traitement des dossiers de justice l’effectif des magistrats et des greffiers

Je fermerai sans délai toutes les prisons parallèles placées jusqu’ici sous l’autorité des milices à la solde de la Présidence de la République.

4. La peine de mort :

Tout être humain a droit à la vie que nul ne doit lui ôter quelque soit la faute qu’il a commise. Je crois à la vie et à son caractère sacré. C’est pour cette raison que je ferai supprimer la peine de mort dans notre pays. Elle sera commuée en emprisonnement à vie avec peine incompressible.

5. La dissolution de l’Inspection Générale d’Etat :

L’existence de plusieurs organes de contrôle pour une administration aussi petite que la nôtre ne se justifie guère. A cet effet, l’Inspection générale d’Etat, vestige du Contrôle Général de l’Etat sera dissoute.

Deux organes seront maintenus :
- un organe judiciaire : la Cour des Comptes ;
- un organe administratif : les Inspections des départements ministériels.
Le budget de l’Inspection Générale d’Etat sera entièrement consacré au renforcement des capacités fonctionnelles de ces deux organes.

Retrouver la proximité avec le peuple et son estime

Après avoir rétabli la puissance publique en Centrafrique, je m’engage à la rendre plus humaine et plus proche de la population.

6. La fin de l’Etat esclavagiste :

Mon élection à la Présidence de la République marquera la fin de l’Etat esclavagiste, de cet Etat qui emploie les fonctionnaires et qui peine à les rémunérer à terme échu et convenablement.

Je ferai du paiement régulier du salaire, contrepartie du travail fait, l’une des priorités du Gouvernement qui ouvrira, dans les trois (3) mois qui suivent sa déclaration de politique générale devant le Parlement, un grenelle sur le règlement des arriérés des salaires et la revalorisation des salaires avec les partenaires sociaux.

C’est ici le lieu de rendre un vibrant hommage à nos fonctionnaires qui, bien qu’ayant souvent été traînés dans la boue, traités de tous les noms d’oiseaux, travaillé dans des conditions inimaginables, ont su faire preuve d’un patriotisme à toute épreuve et accepté des sacrifices dont ils ne comprenaient ni le bien fondé ni la logique.

7. La fin de l’Etat démissionnaire :

Mon élection à la Présidence de la République marquera également la fin de l’Etat qui a abdiqué devant ses devoirs dans tous les domaines : défense, sécurité, fonctionnement normal de l’administration, abandon des écoles et des hôpitaux ainsi que non recrutement des ressources humaines qu’il a contribuées à former…

Je réhabiliterai sans délai les établissements sanitaires (en commençant par le Centre National Hospitalier Universitaire de Bangui) et scolaires, en construirai d’autres là où le besoin se fera sentir, recruterai et formerai le personnel indispensable à leur bon fonctionnement.

On ne peut pas raisonnablement développer un pays aussi vaste que le nôtre avec seulement vingt mille (20 000) fonctionnaires qui sont souvent mal employés. On ne peut pas mener efficacement des opérations de taxation, d’imposition et de mise en recouvrement des recettes de l’Etat avec le maigre effectif des agents que compte notre régie financière. On ne peut pas non plus mener correctement des opérations de police et rendre justice avec l’effectif actuel de nos magistrats, policiers et gendarmes, et défendre notre pays avec notre armée qui n’a d’existence que de nom et qui est utilisée davantage à des opérations de police et de sécurité alors que le pays est menacé de l’intérieur depuis plusieurs années par des attaques de bandits ou de coupeurs de route communément appelés zaraguina.

Je ferai également du paiement des pensions et des bourses d’études une priorité. Nos retraités méritent de la considération pour le service qu’ils ont rendu à la Nation. Nous devons les traiter avec beaucoup d’égards. Je ferai créer à leur intention une Caisse de pension à l’instar de l’Office centrafricain de sécurité sociale.

8. Le renforcement de l’administration de proximité :

Les Centrafricains doivent retrouver le goût d’assumer de vraies responsabilités locales, où ils se sentiront honorés de représenter l’Etat et de faire remonter jusqu’au sommet les aspirations et doléances de la population.

Or aujourd’hui qui a envie d’exercer le métier de chef de quartier ou de village ? Personne à ma connaissance, alors que nous sommes en présence d’un important maillon de l’administration que j’appelle « l’administration de proximité ».

Comment voulons-nous bien administrer notre pays en tournant le dos à cet indispensable outil de l’administration ?

Je rétablirai sans tarder les chefs de quartier et de village ainsi que les maires dans leur prérogative, renforcerai leur pouvoir et les doterai des ressources (humaines, financières et matérielles) nécessaires à l’accomplissement de leur mission d’administration de proximité.

J’instituerai la Conférence annuelle de la chefferie au cours de laquelle nous débattrons de l’état de la nation. Elle sera scindée en Conférence de l’Est et en Conférence de l’Ouest.

La première conférence de l’Est se tiendra dans la 1ère quinzaine de février 2011 à Bambari et celle de l’Ouest dans la 2ème quinzaine de février 2011 à Berberati.

J’organiserai les élections municipales sur toute l’étendue du territoire national en décembre 2010. Je mettrai ainsi fin à cette situation d’exception attentatoire à l’expression de la démocratie dans un pays dit de droits et qui s’appelle la « délégation spéciale ».

Je réunirai les maires une fois l’an pour dresser avec eux l’état de la nation. La première réunion aura lieu à Bossangoa dans la 2ème quinzaine du mois d’avril 2011.

Rétablir le contrôle républicain du territoire

Depuis quelques années, le Centrafrique bascule dangereusement vers la situation d’un Etat fragile et en faillite, à la comptabilité nationale opaque, où règne une économie de survie, de pillage et de prédation de ses richesses.

Notre pays est comme un être handicapé, où le cerveau ne contrôle plus les membres, où la gangrène menace certaines extrémités.

Ses frontières avec le Tchad, le Soudan et le Congo Démocratique et dans une moindre mesure avec le Cameroun et le Congo Brazzaville, ne sont plus assurées.

A l’intérieur, une multitude de nouvelles féodalités a fait apparaître sur tout le territoire des frontières arbitraires et anarchiques, insupportables pour le quotidien de la population, sa liberté d’aller et venir en toute sécurité. N’importe quel individu érige de son propre chef une barrière sur nos routes et lève des impôts qui vont dans sa poche sans que la puissance publique ne s’en émeuve. On tue en toute impunité. Les criminels circulent librement et terrorisent les familles de leurs victimes.

La peur, la grande peur s’est installée dans le pays. Elle se lit sur tous les visages y compris sur celui même du Président de la République. Pour se protéger, celui-ci vit dans une forteresse et se déplace dans la ville de Bangui sous forte escorte armée jusqu’aux dents comme s’il allait en guerre. Le long de son parcours, la population centrafricaine de qui il tient sa légitimé et qu’il a la très haute charge de protéger est chassée comme un malpropre plusieurs heures en avance. La population ainsi abandonnée se terre la plupart du temps. La nuit venue, nos villes deviennent fantomatiques.

Je m’engage à mettre fin à cette situation anachronique en rétablissant le contrôle républicain sur tout le territoire.

9. La fin des barrières et des contrôles intempestifs aux abords des axes routiers :

La liberté est consacrée dans notre constitution. Les barrières et les contrôles intempestifs aux abords de nos routes constituent une atteinte flagrante à cette disposition.

Je mettrai immédiatement fin à cette pratique, sorte de racket organisé au su et au vu de tout le monde sous le couvert bienveillant de l’Etat. Le Centrafricain ne doit plus être considéré comme une proie facile par certains fonctionnaires véreux et plumé comme tel.

En dehors des barrières et des contrôles ponctuels décidés sous l’égide de la loi, je créerai une brigade routière constituée d’éléments de la gendarmerie et de la police. Sa mission consistera à veiller spécialement sur la sécurité routière. Elle sera dotée en moyens idoines. Elle agira toujours en fonction d’un ordre de mission express à présenter à toutes réquisitions. Cet ordre de mission sera délivré par l’autorité désignée pour agir au nom de l’Etat.

Dans tous les cas, les infractions au code de la route constatées au cours d’un contrôle de police ou de gendarmerie donneront impérativement lieu à un timbre amende. Il sera acquitté auprès du Trésor Public.

Tout manquement constituera une faute lourde et sera sanctionné comme tel.

10. L’armée :

Dans un environnement en guerre, notre pays est le seul au monde à délaisser son armée au profit des milices, à faire appel constamment à l’étranger pour assurer sa sécurité. S’il lui arrive de faire usage de son armée, ce n’est pas dans le but de défendre la patrie contre un danger venant de l’extérieur, mais au contraire de tirer pour tuer son propre peuple, celui-là même qu’elle doit protéger. Ce faisant, on lui a fait perdre toute crédibilité et la confiance de notre peuple qui voit en elle un instrument de répression entre les mains des pouvoirs publics.

Tout en m’employant à faire renaître entre elle et notre peuple la confiance si précieuse à l’accomplissement de sa mission, je rétablirai notre armée dans son rôle premier de défense de notre territoire et de notre peuple et la doterai en moyens nécessaires à l’accomplissement de sa mission. Je lui rendrai son honneur et sa crédibilité.

En plus d’être une armée de défense, je ferai d’elle une armée au service de la paix et une armée au service de notre développement. Je la chargerai de l’encadrement et de la formation de notre jeunesse déscolarisée et/ou désœuvrée.

11. L’inventaire des ressources nationales :

Les Centrafricains n’ont pas volé le territoire sur lequel ils vivent. Ils se sont battus pour que cette terre nourrisse décemment ses enfants et que des entrailles de son sol jaillissent des richesses utiles à notre peuple et au reste du monde.

Or aujourd’hui, une grande opacité règne et personne ne sait exactement ce que nous avons et à qui appartiennent ces ressources.

Un des grands chantiers de mon mandat sera de lancer un vaste inventaire national et de dresser un atlas complet de la géographie physique et humaine de notre pays pour assurer le développement durable. Le but de cet inventaire est de faire en sorte que les Centrafricains puissent vraiment s’approprier ce pays qui est le leur en toute connaissance de cause, et avoir envie de le rendre prospère et agréable.


II. La lutte pour le développement et contre la pauvreté, priorité de mon mandat.

Avec des dirigeants plus légitimes et des institutions plus efficaces, la puissance publique se concentrera pour aider tous les Centrafricains à retrouver les chemins du développement. La pauvreté est actuellement le mal qui fait le plus souffrir les Centrafricains. Combattre la pauvreté sera donc la priorité des priorités de mon mandat. Je ne ménagerai aucun effort et ne lésinerai sur aucun moyen pour l’éradiquer.

La pauvreté dans notre pays a des causes surtout humaines, et nous n’en sommes pas seuls fautifs. Par contre, nous sommes tous responsables de notre redressement national : seul un pacte sincère entre l’Etat et tous les Centrafricains nous aidera à réussir, unis autour d’objectifs réalistes qui sont à notre portée.

Par où commencer ? Mieux former les êtres humains est le meilleur moyen de créer davantage de richesses, qui, en retour, permettent de mieux les former. Durant mon mandat, nous créerons dans le pays un nouvel état d’esprit autour de pratiques vertueuses. Cela inspirera la confiance et attirera les investissements qui nous sembleront utiles.

Je montrerai d’abord quels efforts me semblent prioritaires pour développer notre capital humain. Je parlerai ensuite de nos capacités de production et des possibilités pour notre pays d’accroître ses revenus par une exploitation de ses ressources naturelles. J’aborderai alors la question de la distribution équitable de ces revenus pour que le développement puisse toucher toute la population. Je parlerai des vertus civiques et morales qui permettront au pacte national de rester vivant pendant la période de mon mandat, du rôle que la presse et la culture pourront jouer dans une renaissance centrafricaine, qui doit être le signe de la prospérité retrouvée et enfin de l’observatoire national indépendant qui évaluera périodiquement les engagements pris dans le pacte.



Le développement du Centrafrique par des Centrafricains

Depuis des années, le Centrafrique est un Etat défaillant. L’économie de subsistance et de survie est la seule que connaissent la majorité de nos concitoyens. Les plus capables d’entre eux qui ont étudié à l’étranger ont montré des capacités de réussite dont nous sommes fiers. Mais sur place, nous avons peu de modèles de réussite, et nous vivons largement sous perfusion avec une aide considérable des ONG et des institutions internationales.

Sous mon mandat, nous devons tourner une page de notre histoire. Je veux que le Centrafrique du début du troisième millénaire se fasse connaître comme un pays où les gens se prennent en main et s’entraident mutuellement pour se développer et se former. J’insisterai en tout premier lieu sur l’alphabétisation et la formation professionnelle car c’est là que le pacte pour la paix et la prospérité devra avant tout faire ses preuves.

12. L’alphabétisation et la formation professionnelle :

L’alphabétisation et la formation professionnelle ont constitué jusqu’ici les appendices des Ministères de l’Education Nationale et de la Fonction Publique simplement parce qu’on ignore ce qu’elles recouvrent.

Il n’existe pas de statistiques officielles sur le champ d’intervention de l’alphabétisation et de la formation professionnelle qui concernent pourtant une très importante frange de notre population (jeune et adulte).

Par extrapolation, nous pouvons estimer à plus de 3 000 000 le nombre de nos compatriotes qui ne savent ni lire ni écrire ni compter ou qui n’ont pas reçu dans leur vie une formation professionnelle.

Clef de toute réussite sociale, l’alphabétisation et la formation professionnelle ne seront plus traitées avec dédain.

Pour leur donner toute leur place et montrer l’importance que je leur accorde, je les érigerai en Ministère de l’Alphabétisation et de la Formation Professionnelle. Avec tous les acteurs de la société civile, je créerai un vaste mouvement d’entraide nationale pour que tous ceux qui ont un savoir à partager soient motivés pour former les autres autour d’eux. Sur la base d’un effort national d’alphabétisation et de formation des adultes, je pense que nous pouvons gagner la bataille de l’éducation. Mieux formés et alphabétisés, les parents s’impliqueront davantage dans la scolarisation de leurs enfants : le capital humain est la plus belle de toutes les ressources.

13. L’éducation :

Sur un ensemble de dix enfants inscrits au Cours élémentaire première année dans notre pays, un seul atteint le Cours moyen deuxième année. La différence entre la scolarisation des enfants des zones urbaines et des zones rurales s’est accrue sans cesse : 60% contre 32% dans le primaire, 17% contre 4.5% dans le secondaire. Depuis 1990, le système éducatif ne fonctionne pas normalement malgré une très forte mobilisation des parents d’élèves dans le secteur et l’appui bienveillant de la communauté internationale. Les Etats généraux de l’Education nationale ont été organisés en 1994. Il en est résulté deux éléments clefs à savoir l’approbation en 1997 par le Parlement de la Loi d’orientation pour l’éducation et l’élaboration du Plan national de développement de l’éducation.

La Loi d’orientation devrait servir de base pour le développement d’une stratégie d’éducation qui réunit toutes les parties prenantes autour des tâches spécifiques destinées à améliorer l’accès, la qualité et l’équité dans l’éducation.

Le Plan National de Développement de l’Education a établi les bases de planification des activités pour améliorer le système éducatif au cours des dix prochaines années.

Ces deux documents seront exhumés, actualisés et traduits en plans opérationnels par le Ministre de l’Education nationale dans le trimestre qui suit le passage du gouvernement devant le Parlement. D’importantes ressources financières et humaines nécessaires pour leur réalisation seront mobilisées.

D’ores et déjà, le gouvernement procédera d’ici la rentrée scolaire 2010 à la réhabilitation et à l’équipement en mobiliers, manuels scolaires et matériels didactiques des établissements scolaires, au recrutement dans la Fonction Publique de tous les ressortissants des Ecoles Normales et des Centres de formation pédagogique, des agents communaux et des maîtres parents qui ont fait preuve de leur dévouement et de leur patriotisme à une période où la République a abdiqué devant ses responsabilités, à la revalorisation de la fonction enseignante, à la dotation de chaque élève du Primaire et du secondaire en fournitures scolaires de première nécessité, au logement dans l’enceinte de leur établissement de tous les chefs d’établissement scolaire, à l’octroi d’une prime forfaitaire de logement aux enseignants non logés.

Un séminaire a été tenu et des réflexions ont été menées sur l’enseignement supérieur en général et sur l’Université de Bangui en particulier qui a été conçue initialement pour accueillir 300 étudiants et qui en compte un peu plus de 8 000 et ont débouchés sur des recommandations pertinentes qui n’ont pas été suivies d’effet.

Une comité interministériel regroupant les Ministères de l’Education Nationale, de l’Economie et des Finances, des Infrastructures, de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, de la Défense Nationale, du Commerce ainsi que les délégués syndicaux des enseignants du supérieur traduiront en plans d’action opérationnels exécutables immédiatement ces recommandations dans le trimestre qui suivra le passage du gouvernement devant le parlement.

D’ores et déjà, je m’engage à revaloriser la fonction d’enseignant du supérieur, à renforcer tout en les modernisant les capacités et les moyens de l’Université de Bangui que nous baptiserons du nom de Louis Ouandet, premier Recteur de l’Université de Bangui. De plus, dans un souci de décentralisation de l’enseignement supérieur, je m’engage à créer cinq (5) instituts universitaires de technologie à travers le pays en vue de faire face à la demande non satisfaite en cadres intermédiaires. Ils porteront eux aussi le nom d’éminents fils ou filles de notre pays qui se sont dévoués pour la cause enseignante.

Il n’y a que nous pour ne pas célébrer nos morts comme il se doit. Il n’y a que nous pour ne pas honorer nos enseignants. Je prends l’engagement de les célébrer et de les honorer.


Se réapproprier les richesses nationales et en faire bon usage

A qui appartiennent aujourd’hui les ressources du Centrafrique ? Quelques-uns parmi nous ont acquis à force de travail des revenus honnêtes et s’efforcent de partager leur réussite dans un contexte difficile voire hostile. Je salue tous ces héros et souhaite ardemment travailler avec eux, car notre pays a besoin de modèles.

Je crois aussi qu’une partie de nos élites actuelles possède quelque chose qu’elle ne maîtrise pas. Quelques privilégiés détiennent une richesse provisoire d’origine douteuse. Ils en profitent très peu ou mal, car ils vivent dans la peur et l’insécurité comme tous ceux qui ont adopté ce mode de vie. Je ne blâme pas ces gens égarés, mais j’en appelle à leur conscience.

Nos ressources peuvent dégager des revenus de plus en plus importants. Cette manne financière devra être rigoureusement comptabilisée et servir à développer tout un pays qui sera mieux alphabétisé pour comprendre les rudiments d’une bonne gestion. Alors, une population longtemps repliée sur elle-même et délaissée, occupée à survivre et à créer de maigres revenus se sentira de nouveau respectée et propriétaire des biens nationaux. Je voudrais indiquer les grandes lignes de la réforme financière qui sont du ressort de l’Etat. J’espère que le retour de la confiance permettra ensuite aux centrafricains de contribuer chaque jour par leur travail à l’accroissement de la richesse nationale, tout en étant assurés de gagner décemment leur vie et de s’occuper de la formation de leurs enfants.

14. Le retour à une gestion orthodoxe des finances et à une bonne gouvernance des deniers de l’Etat :

Je ferai restructurer sans délai le Ministère en charge de l’Economie et des Finances en vue de le rendre plus apte à jouer son rôle de pourvoyeur des deniers de l’Etat. Je rétablirai dans leur fonction habituelle les différents services qui le composent et leurs responsables.

Il n’est pas du ressort d’un Président de la République ou d’un Ministre des Finances de présider chaque matin la réunion de trésorerie en lieu et place du Trésorier Public. Je mettrai fin à cet abus qui consiste à nommer un Trésorier payeur général et le dépouiller de ses prérogatives.

Tous paiements au bénéfice de l’Etat seront dorénavant libellés au nom du Trésor Public. Seuls les organismes de l’Etat dont leurs ressources relèvent des recettes affectées par la loi continueront à percevoir tous paiements dans le cadre de leurs activités. Il sera indiqué sur tous ordres de recettes les modalités pratiques de paiement : transfert, virement, chèque, numéraire ou retenues à la source (sur salaire).

Aucun service autre que la justice ne sera autorisée à annuler les ordres de recettes émis par les services qui en ont la charge au nom de l’Etat Centrafricain.
Pour plus d’efficacité, la Direction du Personnel de l’Etat et la Direction de la solde seront fusionnées.

15. La réforme économique et financière :

Rien de tout ce qui est énoncé dans le Pacte Présidentiel Pour la Paix et la Prospérité ne pourra être réalisé sans une forte mobilisation de nos ressources nationales et sans une réforme hardie de notre économie et de nos finances.

Un des volets de cette réforme économique et financière consistera à simplifier les procédures administratives lors de la création d’une entreprise et à rapprocher les différents services de l’Etat auprès des administrés.

Cinquante (50) ans après, il est anormal de se déplacer à Bangui pour se faire délivrer une pièce administrative, ou pour percevoir sa paie ou sa pension. L’administration ira vers les citoyens en se décentralisant. Je veillerai à ce que tout fonctionnaire, détenteur de droit d’une parcelle du pouvoir de l’exécutif, puisse l’exercer effectivement là où les besoins de service l’appellent pour le bien de notre population.

Cinquante (50) ans après, il est affligeant de constater que nos banques n’ont pas étendu leur réseau au niveau national, introduit dans notre pays et modernisé les moyens de paiement et les instruments de financement moderne au point d’obliger le Centrafricain à courir le risque de porter sur lui ou à garder par devers lui des billets de banque, objets de convoitise.

Je relancerai notre économie par le développement sectoriel aussi bien dans l’économie réelle que dans le système bancaire et financier. Il sera créé un environnement économique sain où la fiscalité devra favoriser l’investissement, la Chambre de Commerce jouer son rôle de vulgarisateur d’innovations, tant dans les pratiques commerciales que dans l’apport des nouvelles technologies à la production nationale et la formation professionnelle, le Tribunal de Commerce s’affranchir de la Chambre Commerciale du Tribunal de Grande Instance pour s’ériger en garant des investisseurs, qu’ils soient nationaux ou étrangers et le Mouvement syndical, avec qui le Gouvernement négociera dès sa nomination une trêve sociale, assumer pleinement son rôle de défenseur à la fois du salarié, du travail et de l’emploi. Le secteur dit informel ne sera pas laissé à l’abandon comme c’est le cas aujourd’hui. Son dynamisme sera capté, canalisé et accompagné. Le Gouvernement en fera une véritable force et le levier de notre développement économique. Ce faisant, il répondra, d’une part, à l’immense attente de nos compatriotes, jeunes ou adultes, en chômage de longue durée, qui désespèrent de ne pas voir le bout du tunnel, et d’autre part, il éradiquera la concurrence déloyale qu’entretient ce secteur. Le marché de gros sera structuré à travers des circuits de distribution que nous envisageons de créer. La mise en place des Centrales d’Achat et des marchés d’intérêt national assurera au consommateur centrafricain des produits plus marketés que ne le sont nos produits actuels et préparera ainsi nos exportations dans les meilleures conditions de compétitivité internationale.

L’économie réelle fera une place belle au secteur parapublic non seulement pour des raisons stratégiques, mais surtout pour une meilleure satisfaction des besoins vitaux du consommateur centrafricain. Ce secteur doit appuyer l’autorité publique dans sa politique des grands travaux sur le territoire national qui vise à niveler les disparités criardes entre les différentes couches de notre population et entre les espaces de l’arrière-pays.

Le secteur privé doit faire un effort managérial à trois niveaux : organisationnel, en ressources humaines et en production pour satisfaire la demande intérieure. Cela passe inévitablement par une taille critique de ses unités de production.

L’institution généralisée du crédit fournisseur et des moyens de paiement nouveaux doit assurer une meilleure circulation et la consommation des richesses par le consommateur centrafricain dont l’indexation annuelle de l’évolution de son revenu à une variable économique est un élément de ma politique de pouvoir d’achat.

Bien évidemment, cette réforme sera financée par un effort budgétaire mais aussi par la réforme du système bancaire et financier. Celle-ci consistera à la titrisation de notre économie. Ainsi, le financement monétaire coexistera avec de nouvelles institutions qui auront pour mission d’organiser et de gérer l’épargne longue en vue de financer nos investissements lourds. En conséquence de quoi, la création du marché des capitaux est une nécessité avec de nouveaux signes ou actifs financiers.

16. Les infrastructures routières, aéroportuaires et portuaires:

L’autre grande responsabilité de l’État est de désenclaver le Centrafrique. Si l’argent doit circuler, il faut aussi que les personnes et les biens retrouvent une nouvelle liberté d’aller et venir d’un bout à l’autre de notre vaste territoire. Le chantier des transports et des infrastructures est donc une priorité.

Je prends l’engagement de:

a) bitumer les axes prioritaires suivants :
- Sibut / Kaga Bandoro
- Sibut / Bambari
- Bambari / Bria
- Bambari / Bangassou
- Damara / Bouca / Batangafo / Kaga Bandoro / Mbrès / Bakala / Bambari
- Bossembélé / Bozoum
- Baoro / Bouar
- Baoro / Berberati
- Mbaïki / Boda /Carnot
- Kouango/Grimari/Dékoa/Bouca/Bossangoa/Paoua/Bozoum/Ngaoundaye
- Mongoumba / Bangui
b) allonger et de bitumer les pistes de nos principaux aérodromes notamment :
- Bambari
- Bouar
- Bossangoa
- Bangassou
- Ndélé
- Birao
- Sibut
- Kaga Bandoro
- Bozoum
- Carnot
- Nola
- Mobaye
- Mboki ;

c) réhabiliter les ports en amont et en aval de Bangui ainsi que ceux de Salo et de Nola ;

d) remplacer tous les bacs (51) par des ponts ;

e) ouvrir l’axe routier reliant Obo / Bitilifondo / Djema / Campement des trois rivières / Kouandja / Ouandja / Ouandja Djallé frontalières du Soudan.

La responsabilité des pouvoirs publics dans le Pacte Présidentiel Pour la Paix et la Prospérité est donc claire. C’est à eux d’instaurer une orthodoxie financière irréprochable et de décloisonner le pays afin de rétablir la confiance et de stimuler l’initiative. Celle-ci appartient largement à la population, qui doit devenir acteur de son développement. Je parlerai donc des vertus qui permettront à la population centrafricaine de jouer son rôle pour redresser l’économie dans les secteurs essentiels que je vais indiquer.

17. Les richesses minières et forestières :

La sagesse nous est demandée pour exploiter nos immenses richesses minières et forestières. Elles sont un des avantages comparatifs de notre pays. Nous sommes responsables d’utiliser à bon escient ces ressources. Elles n’ont jamais servi à nous sortir de la pauvreté endémique dans laquelle nous sommes enfermés. Elles n’ont jamais été mises à contribution, ne fut-ce que pour construire une école, un centre de santé ou encore pour bitumer un seul centimètre de nos routes. Avec la sagesse, il nous faut donc aussi du courage et de l’ambition.

A cet effet, dès mon investiture, je suspendrai immédiatement la délivrance de tout nouveau permis de prospection et/ou d’exploitation de ces richesses et commettrai un audit international qui devra remettre ses conclusions dans un délai de trois (3) mois après son attribution. A partir de cette étude, le Gouvernement élaborera un véritable plan de lutte contre la pauvreté ayant comme moyen principal les ressources naturelles de notre pays. C’est à l’évidence le sens de la création des sociétés d’économie mixtes que seront d’une part la Société Nationale des Mines (SONAMINES) et d’autre part, la Société Nationale du Bois (SONABOIS). Elles auront pour mission l’exploration, l’exploitation et éventuellement l’achat de nos richesses naturelles entre les mains des exploitants artisanaux, leur transformation en produits marchands et leur vente. Ces sociétés n’auront aucun monopole mais seront en concurrence loyale avec les entreprises privées de la place.

18. L’eau :

« L’eau, c’est la vie. » Cette denrée vitale, à l’origine de nombreux conflits dans le monde, se raréfie chaque jour. Sachons-nous montrer responsables et équitables dans son utilisation.

80% de nos compatriotes n’ont pas accès à l’eau potable alors que notre pays est un château d’eau et dispose de l’une des plus denses hydrographies au monde. C’est un autre avantage comparatif de notre pays. La colonisation de notre pays s’est faite par l’eau. C’est en partie par l’eau que nous désenclaverons notre pays. Au cœur de l’Afrique, la République Centrafricaine est riche en eau, et les nombreux cours d’eau qui la traversent ont parfois été comparés au Rhin, épine dorsale du développement économique en Europe

La « Voie Trans-Equatoriale » abandonnée sera réactivée en partenariat avec les deux Congo en vue d’amoindrir de manière significative le coût de revient de nos produits à l’exportation et à l’importation. Le port de Mongoumba, qui sera relié à Bangui par une autoroute, ainsi que celui de Salo seront appelés à jouer un rôle de premier plan dans ce dispositif.

Sans vision ni projet, nous nous servons de l’eau pour nous désaltérer, nous laver, laver les aliments, le linge et la vaisselle. Nous devons penser à en tirer un profit économique raisonnable.

Afin de mieux la protéger et l’utiliser à bon escient, je ferai tenir dans les six (6) mois qui suivent le passage du Gouvernement devant le Parlement « Le grenelle de l’eau ». Il réunira les spécialistes en eau. Ses conclusions guideront la politique gouvernementale en matière de protection et d’utilisation de l’eau dans notre pays.

19. L’énergie :

Dans notre pays, la politique énergétique a consisté jusqu’ici à veiller à l’alimentation de la ville de Bangui et de quelques villes de province en énergie moderne à partir des centrales thermiques. Selon les statistiques, 15,6% seulement des centrafricains dont 10% à Bangui contre 5,6% dans les villes secondaires y ont accès. Et pourtant, le pays est drainé par un réseau hydrologique dense et dispose d’énormes capacités en matière de biomasse et d’autres énergies non valorisées.
(Source : Rapport mondial/Objectifs du millénaire pour le développement humain en République Centrafricaine 2003/2015).
L’énergie n’est pas un luxe. Elle doit être mise à la disposition de tout le monde. Je créerai à cet effet un Ministère de l’Energie. Il aura pour mission d’accroître, d’ici 2015, pour les besoins domestiques et de production, de 50% l’accès des populations rurales aux services énergétiques et de 80% celui des populations urbaines.

20. L’agriculture :

L’agriculture reste le fer de lance de notre économie. Elle est aussi un souci prioritaire au même titre que la santé et l’éducation de mon mandat. Mais rien n’est réellement entrepris pour la moderniser. Malgré les intentions louables maintes fois réitérées, elle continue à être pratiquée de manière traditionnelle. Cela doit changer sans délai. La nation doit soutenir ses agriculteurs et ses éleveurs ainsi que le rôle essentiel qu’ils jouent.

Le Ministre en charge de l’agriculture, en collaboration avec son collègue chargé de la Solidarité Nationale et des Droits Humains, devra organiser le secteur en coopératives agricoles, ouvrir ou rouvrir les centres de formation agricole aux fins d’initier nos agriculteurs aux techniques culturales modernes, mettre à leur disposition l’encadrement technique nécessaire, les semences et les intrants, et apporter, le cas échéant, la caution de l’Etat auprès des banques de la place au bénéfice des coopératives qui solliciteront des crédits.

En vue d’amplifier la modernisation de l’agriculture, l’Etat prend sur lui de créer une société d’économie mixte en situation de non monopole dont la mission consistera à louer du matériel agricole aux agriculteurs. Elle sera dénommée : Agence de Location de Matériel Agricole (A.L.M.A).

Nous envisageons de créer aussi des pôles de recherches et d’excellence pour les produits du Centrafrique, car le pays devra chercher à développer une image de qualité pour ses produits d’exportation. Il est important de créer des fermes modèles dans plusieurs régions, où les techniques employées, la culture d’entreprise, les rapports sociaux donneront une image de ce vers quoi le reste du pays doit tendre dans les années à venir.

21. La Centrale d’Achat des Produits Agricoles (C.A.P.A) et le commerce équitable

Il va sans dire que nos agriculteurs peinent à vivre convenablement des produits de leurs champs, qu’ils éprouvent par ailleurs d’énormes difficultés à écouler.

La création de la Centrale d’Achat des Produits Agricoles, vise donc à acheter entre les mains de nos agriculteurs les produits agricoles, à les conditionner en vue d’en faire des produits marchands et à les vendre. La Centrale d’Achat des Produits Agricoles procurera au producteur une juste rémunération de son travail dans le cadre du commerce équitable et réglera en même temps l’épineux problème d’approvisionnement du marché national en améliorant les circuits de distribution. Elle aura un statut de société d’économie mixte. Elle ne constituera pas un monopole dans le secteur.

22. Le secteur des Entreprises publiques :

L’état de déliquescence que connaît le secteur des Entreprises publiques n’est autre que le reflet de la mauvaise gouvernance et du choix clientéliste des membres des conseils d’administration et des dirigeants.

Dans d’autres pays, ces entreprises sont un bras de l’Etat dans des secteurs stratégiques et non stratégiques mais essentiel au fonctionnement de l’Etat et à la satisfaction des besoins de la population souvent sacrifiés sur l’autel du profit. En plus, leur participation aux finances publiques par le biais des revenus non fiscaux et des divers impôts et taxes renforce la capacité financière de l’Etat.

Or, malheureusement en Centrafrique, elles sont devenues un gouffre qui avale les maigres ressources budgétaires à tel point qu’elles sont appelées « organes budgétivores ». Les Institutions de Brettons Wood évidemment s’en servent pour demander le retrait de l’Etat c’est-à-dire leur privatisation sans que les besoins de la population ne soient pris en compte ou satisfaits comme c’est le cas avec Pétroca.

Que faire quand la population doit parcourir des centaines de kilomètres pour se pourvoir en pétrole lampant par exemple ?

L’Etat reprendra en main ce secteur vital de notre économie et se conformera strictement au cadre juridique et institutionnel contenu dans la Loi 91.014 et l’Acte Unique de l’OHADA. Il nommera à leur tête des compatriotes consciencieux et techniquement compétents. Il les soumettra à l’obligation de résultat. Leur performance sera évaluée mensuellement.

La Délégation aux Sociétés d’Etat sera dissoute. Le premier Ministre, Chef du Gouvernement assurera la tutelle des entreprises publiques et non les départements ministériels.

23. Le secteur privé :

Nos opérateurs économiques et nos chefs d’entreprise du secteur privé sont fatigués des incessantes incuries de l’Etat. Celui-ci ne cesse de s’endetter auprès d’eux et de les payer en monnaie de singe (chèques de trésor jamais honorés…). En outre, il est incapable de les protéger contre les actes de vandalisme qu’occasionne chaque soubresaut politique dont personne ne comprend la logique et ne voit les effets positifs annoncés sur le développement économique et social de notre pays. Sans le courage et le dévouement de ces opérateurs économiques et de ces chefs d’entreprise, il y a fort longtemps que notre pays serait revenu à l’âge de la pierre taillée.

C’est le lieu de leur rendre un vibrant hommage et leur témoigner notre reconnaissance pour le sacrifice consenti.

Face à ce constat, j’engagerai le Gouvernement, dans le mois qui suivra l’adoption de sa déclaration de politique générale devant l’Assemblée Nationale, à se concerter avec le patronat en vue d’examiner et d’arrêter les solutions optimales de relance du secteur privé.

24. La lutte contre le chômage et la primauté aux Centrafricains en matière d’emploi :

Malgré notre pauvreté, notre pays continue à engloutir des fortunes pour la formation des ressources humaines qui sont paradoxalement délaissées au profit des étrangers.

A concurrence égale, je veillerai à ce que le marché de l’emploi soit prioritairement réservé aux centrafricains.

Sitôt le Gouvernement investi par le Parlement, le Ministre en charge du Travail disposera de six (6) mois pour établir un rapport sur la centrafricanisation de l’emploi dans les entreprises privées. Le Ministre en charge des Affaires Etrangères et de la Coopération procédera de même dans le domaine de son ressort. C’est à l’évidence une question de bon sens : nous ne pouvons raisonnablement continuer à adhérer et à payer des cotisations au profit des organisations ou des institutions dans lesquelles nous ne sommes pas représentés pour défendre nos intérêts.

Une culture de la responsabilité pour nos ressources

Qu’on ne se trompe pas. Ce pays est d’abord et avant tout le nôtre. Il nous appartient à tous, individuellement et collectivement, d’y veiller jalousement. Grâce aux efforts concertés du gouvernement et de la population, nous devons retrouver notre dynamisme et établir la base d’une société d’espoir et de confiance en l’avenir. Mais pour réussir durablement, nous devons tous prendre de bonnes habitudes pour préserver nos ressources, éviter le gaspillage, investir à long terme.

25. L’environnement :

Je ferai organiser une conférence nationale sur l’environnement de laquelle découlera un programme de gestion cohérente de nos ressources environnementales.

En attendant la tenue de cette conférence, je ferai obligation à chaque citoyen qui abattra un arbre d’en replanter automatiquement deux (2) au moins en remplacement.
J’interdirai l’importation des sacs d’emballage non biodégradables.

Je ferai obligation aux vendeurs de piles d’organiser leur collecte après usage aux fins de préserver notre environnement.

Des expériences ont montré que les Africains savent se soucier de l’environnement et allier les sagesses traditionnelles aux découvertes modernes de l’écologie. Nous pourrons nous inspirer des exemples réussis de mobilisation de la jeunesse dans des pays semblables au nôtre ou légèrement plus avancés.

26. La lutte contre les gaspillages de l’eau, de l’électricité, du téléphone et des fournitures de bureau au sein de l’administration :

Cette lutte portera sur l’eau, l’électricité, le téléphone, le carburant et les fournitures de bureau. Je rendrai obligatoire la publication mensuelle de la consommation en eau, électricité, téléphone, carburant et fournitures de bureau par département ministériel et par service et prendrai des mesures pour réglementer le secteur et sanctionner tout agent de l’Etat qui se rendra coupable de gaspillage d’eau, d’électricité et de téléphone.

Un développement équitable pour tous les Centrafricains

Je prends l’engagement solennel de faire croître régulièrement le revenu national pendant mon mandat et à organiser une politique sociale équitable pour que cette prospérité puisse profiter à tous.

27. Les coopératives villageoises et les groupements d’intérêt économique :

L’union fait la force. Nos moyens actuels ne nous permettant pas de faire face individuellement au défi du développement durable, j’encouragerai la formation des coopératives villageoises à vocation agropastorale ainsi que les groupements d’intérêt économique. Le Gouvernement confiera à celles ou à ceux qui le désirent la cogestion avec les municipalités des usines d’égrenage de coton, ainsi que les stations de l’ancienne Pétroca abandonnées à l’heure actuelle, mais indispensables pour notre économie et le bien-être de la population.

28. L’équilibre entre ville et campagne, l’aménagement du territoire :

Une loi de modernisation de nos villes et de nos villages sera adoptée fin 2011 après une concertation nationale et exécutée par le gouvernement sur les dix (10) années à venir. Elle assurera à chaque citoyen, l’égalité des chances sur l’ensemble du territoire national et créera les conditions de leur égal accès au savoir. Elle aura pour but la mise en valeur et le développement équilibré du territoire de la République. Elle corrigera les inégalités de conditions de vie des citoyens à l’origine de l’exode rural, visera à compenser les handicaps territoriaux et tendra à réduire les écarts de ressources entre les collectivités territoriales.

Les politiques de développement économique, social, culturel, sportif, d’éducation, de formation, de santé, de protection de l’environnement, du logement et d’amélioration du cadre de vie contribueront à enrayer l’exode rural et les frustrations.

Mon cœur saigne quand je traverse nos villes. Depuis que les Moura et Gouveia, Tavarès, Gonçalvès, Cattin, Ouham-Nana, Beira et autres sont partis, nos villes ont perdu leur âme et leur attrait d’antan. Tous les magasins sont fermés. S’ils ne tombent pas en ruine, ils deviennent des maisons d’habitation dans des secteurs dits de commerce.

Ces centres-villes et ces magasins sont toute mon enfance. Fils de « ndombé » autrement dit de boutiquier, c’est là que je suis né et que j’ai grandi.

Je réhabiliterai nos villes en relançant les activités économiques et prendrai des mesures incitatrices qui s’imposent pour encourager les Centrafricains à rouvrir tous ces magasins, et à les exploiter.

29. La solidarité nationale :

Dans un pays meurtri par la pauvreté comme le nôtre, la solidarité nationale ne doit pas être un vain mot. Une logique de prospérité doit nous aider à corriger les inégalités insupportables entre les hommes et les femmes, les valides et les personnes diminuées par la maladie, les gens instruits et les personnes sans éducation, les anciens et les jeunes. L’argent ne peut pas tout faire, et là où les moyens financiers feront défaut, nous devrons puiser dans nos vertus les plus profondes pour aider :
- nos minorités,
- les personnes vulnérables,
- les personnes affectées ou infectées par le VIH/SIDA,
- les orphelins du VIH/SIDA,
- les personnes du 3e âge,
- les veuves et les veufs démunis,
- les chômeurs,
- les filles mères,
- les mères célibataires sans revenu,
- les personnes déplacées,
- les victimes des calamités naturelles,
- nos régions éloignées et délaissées comme le Bamingui Bangoran, la Vakaga, la Haute Kotto et le Haut Mbomou.

Il sera créé à cet effet un Ministère de la Solidarité Nationale et des Droits Humains ainsi qu’un Fonds de Solidarité Nationale qui sera alimenté par les subventions de l’Etat, des cotisations et des quêtes en faveur de nos pauvres qui représentent tout de même 80 % de notre population. Parmi eux, il y a énormément de jeunes dont beaucoup ont moins de 18 ans. Ils sont abandonnés à eux-mêmes. Ils sont sans domicile fixe. Pour survivre, ils ont rompu les liens avec leurs familles et arpentent nos rues dans notre indifférence. Nous les appelons avec condescendance enfants de la rue.
(Source : idem.)

Il sera nommé à la tête dudit Ministère un membre de la Société Civile. Il aura pour objectif d’éradiquer ce fléau d’ici la fin de mon mandat grâce à des actions multiformes. Ayant une mission transversale, il sera épaulé dans sa tâche par les autres membres du gouvernement.

Il sera instauré une journée nationale de la solidarité avec les pauvres.

La traditionnelle fête du 1er décembre sera célébrée par le Gouvernement en 2011 à Birao et en 2013 à Obo.

Je fixerai au Gouvernement et au Ministre en charge des Infrastructures le cap de 2015 pour achever de désenclaver entièrement les régions de la Vakaga (via Bria Bambari d’une part et Ndélé/Kaga Bandoro/Sibut d’autre part) et du Haut Mbomou. Il sera mobilisé à cet effet des moyens nécessaires à son accomplissement.

30. L’harmonie entre les générations et le départ à la retraite :

L’Etat manque cruellement de ressources humaines. En attendant d’y pourvoir par une politique active de recrutement et de formation, je ferai appel aux retraités qui éprouveront l’envie de revenir nous aider dans le domaine de la formation professionnelle. J’ai indiqué que la principale ressource de notre pays, c’est son peuple ; et tous nos seniors pourront, s’ils le veulent, aider à mettre sur la bonne voie les nouvelles générations.

A cet égard, j’instaurerai un contrat d’utilité civique avec eux sans que celui-ci altère leur droit acquis. Après concertation avec les intéressés, je prendrai un décret qui en précisera le contenu et les modalités de fonctionnement.

31. Les personnes du 3ème âge :

Dans un pays de l’oralité comme le nôtre, chaque fois qu’une personne du 3e âge meurt, c’est tout un pan de notre culture qui disparaît ainsi avec elle. Nous devons tout entreprendre pour que les personnes du 3e âge vivent encore plus longtemps dans notre pays afin de perpétuer notre culture.

A ce titre, je m’engage à faire bénéficier aux personnes du 3e âge non pensionnées de la gratuité des soins médicaux et à leur accorder une aide alimentaire en cas de nécessité.

32. Le sport et la jeunesse :

Nul n’ignore les bienfaits de la pratique du sport dans la formation physique et mentale d’un être humain. Nul n’ignore également que la pratique du sport est devenue l’une des voies royales de réussite sociale.

Notre jeunesse qui représente tout de même 62 % de la population est restée très longtemps privée des stades dignes de ce nom et des compétitions internationales. Afin que le trophée « YASSITOUNGOU » prisé par notre peuple ne demeure pas dans notre mémoire un souvenir lointain inaccessible, je m’engage à démocratiser et à populariser la pratique du sport sur tout le territoire national, à la doter en moyens matériel et humain conséquents, à rénover les infrastructures existantes, à en construire de nouvelles dans nos quartiers, nos villages, nos communes, nos arrondissements et nos villes, et à rendre fonctionnel immédiatement le Centre National d’Education Physique et Sportive (CNEPS) qui deviendra le haut lieu de formation de nos cadres sportifs.

Le sport scolaire étant la voie royale de détection de nos futures élites, je rendrai obligatoire la pratique du sport dans tous les établissements d’enseignement des divers ordres (maternel, fondamental 1 et 2, secondaire et universitaire) et créerai au sein du ministère de l’Education Nationale un corps des professionnels de sport.

J’instituerai des compétitions sportives nationales annuelles. La première se tiendra pendant les vacances de pâques 2011 à Bouar qui abritera l’Académie Nationale du Sport de haut niveau.

Durant mon mandat, j’offrirai si possible à notre jeunesse l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations dans l’une des disciplines suivantes : basket-ball, athlétisme, handball

33. La loi anti-stigmatisation :

Les inégalités entre les êtres humains n’ont que des causes matérielles. Je souhaite que le Centrafrique devienne un pays de dignité et de véritable concorde entre tous ses enfants. Je m’élève fermement contre toutes les stigmatisations et plus particulièrement contre la stigmatisation des personnes âgées accusées à tort de sorcellerie et les personnes infectées ou affectées par le VIH/SIDA.

Le Centrafrique de demain se voulant un Etat de droit, je ferai voter une loi protégeant nos concitoyens âgés ainsi que les personnes infectées ou affectées par le VIH/SIDA et punissant sévèrement tout individu qui se rendra coupable de stigmatisation à leur endroit.

34. La loi anti-casse :

Tout en devenant un pays de plus grande tolérance et d’acceptation des différences, le Centrafrique devra rompre avec une culture de violence et de rébellion impunies, d’incivilité, qu’on a laissée se développer. Je m’engage à faire voter une loi qualifiant de crime toute casse et punissant tout individu qui, au cours d’une manifestation ou d’un événement quelconque, cassera ou endommagera volontairement des biens publics ou privés.

35. Le code de la famille :

Je ferai immédiatement abroger la disposition du Code de la famille relative à la succession à l’origine de nombreux conflits dans nos familles.

Les Ministres en charge de la Justice et de la Solidarité Nationale disposeront de quatre (4) mois après le passage du Gouvernement devant le Parlement pour procéder à une large concertation sur le sujet à la suite de laquelle ils me proposeront un projet de loi modificative à soumettre au vote des Députés.

36. La santé :

La situation de la santé dans notre pays est catastrophique.
En plus du VIH/SIDA qui place notre pays au 10ème rang mondial et au 1er rang des pays de la sous région Afrique centrale, notre pays a le taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans le plus élevé au monde. Une femme sur deux accouche à domicile sans l’assistance d’un personnel de santé qualifié. Le taux de mortalité maternelle est de 11 pour 1 000 naissances vivantes.
(Source : idem)

Un malade sur deux hospitalisés ou admis en consultation dans nos formations sanitaires souffre du paludisme.
(Source : idem.)

Notre pays compte à ce jour 134 médecins pour une population estimée à 4 000 000 d’âmes ce qui donne un médecin pour 29850 personnes, 193 techniciens supérieurs, 614 infirmiers, 237 sages-femmes, infirmiers accoucheurs diplômés d’Etat et 373 assistants, 737 lits avec un taux d’occupation de 25.
(Source : idem)

C’est ici le lieu de rendre un vibrant hommage à notre personnel de santé pour les prouesses qu’il réalise chaque jour pour sauver nos vies. Leur fonction sera revalorisée au même titre que celle des enseignants.

Des moyens conséquents seront mis à la disposition de la santé pour réhabiliter et équiper les structures existantes, former plus de personnel. Des nouveaux hôpitaux seront construits à travers le pays.

La formation du personnel de santé notamment des médecins généralistes et spécialistes étant longue, le gouvernement fera appel à la main d’œuvre étrangère si nécessaire. En attendant, le gouvernement procédera au recrutement de tout le personnel de santé en attente d’intégration dans la fonction publique, et initiera, avec le concours de la Croix Rouge et des organisations humanitaires installées sur notre territoire, la population au secourisme.

Dans le cadre de la lutte contre le VIH/SIDA, une loi anticontamination volontaire sera initiée et soumise au vote du parlement d’ici fin 2010.

J’instituerai une assurance maladie qui couvrira à hauteur de 80 % les frais de soins médicaux, d’hospitalisation et autres actes médicaux, les 20 % restant à la charge du malade.

37. L’allocation chômage :

Il n’y a pas de raison qu’après avoir perdu un emploi pour une raison quelconque une personne se retrouve immédiatement démunie. Je m’engage à instituer une allocation chômage dont les modalités et la durée d’attribution seront fixées dans un texte réglementaire. Elle sera gérée par la Caisse d’Allocation Chômage dont la mission consistera à recouvrer auprès des employeurs (public ou privé) les cotisations, à effectuer le paiement des indemnités de chômage et à aider à la reprise d’un emploi.

38. L’allocation familiale et de solidarité :

Quel est l’intérêt de l’allocation familiale dans notre pays si elle n’a pas pour finalité d’aider les familles en grandes difficultés dans la vie quotidienne par la prise en compte d’un certain nombre de leurs problèmes essentiels tels que : l’éducation des enfants, la santé et les loisirs ?
En vue d’apporter une réponse concrète à cette question, une réflexion nationale sera organisée par le Ministère de la Solidarité Nationale et des Droits Humains au courant du 1er trimestre de 2011. Elle regroupera l’Etat, les Collectivités Territoriales, la société civile, les Entreprises et l’Office Centrafricain de Sécurité Sociale.

39. La parité femmes/hommes :

Les femmes représentent 51 % de notre population. A cause de nombreux obstacles d’ordre économique, social et culturel, les filles n’ont pas un accès égal à l’éducation par rapport aux garçons. Dans l’administration publique, seulement 5 % des postes de responsabilité sont occupés par les femmes. Au niveau politique, elles occupent quelques strapontins. Pourtant notre pays a ratifié en 1991 la Convention pour l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW).
(Source : idem)

Je m’engage à mettre immédiatement fin à cette injustice en rendant effective la parité au sein du Gouvernement (nombre de Ministres hommes = nombre de Ministres femmes), en nommant des femmes membres des Conseils d’Administration des Entreprises Publiques, en pratiquant à leur égard une politique de discrimination positive quant aux nominations à des postes de responsabilité dans l’administration et à l’embauche. Bien que ne relevant pas de ma compétence, je proposerai qu’il soit élu à la tête de la Cour Constitutionnelle une femme.

Le Gouvernement veillera à faire respecter par toutes les entités publiques et privées les dispositions contenues dans la Convention pour l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard de la femme.

40. Du statut de la ménagère ou femme au foyer :

C’est la fonction qu’on affecte d’autorité à toutes les femmes au foyer, à toutes ces braves femmes qui tiennent à bout de bras et sans relâche nos maisons vingt quatre heures sur vingt quatre, douze mois sur douze et s’occupent de l’éducation de nos descendances dont nous sommes si fiers après les avoir enfantées.

Pourquoi devons-nous exprimer tant de mépris à l’égard de nos femmes au nom de ce qu’elles ne quittent pas leur maison comme font les autres pour aller exercer un travail rémunéré comme tel ?

Dès lors où l’administration fait figurer la mention « ménagère » dans toutes les pièces qu’elle leur délivre, il y a lieu que nous y réfléchissions et y donnions un contenu.

Le Ministre du Travail et de l’Emploi en rapport avec le Ministre de la Solidarité Nationale et des Droits Humains convoquera une assise nationale autour de la problématique : Statut de la ménagère ou femme au foyer, et ceci, dans le premier semestre de la première année de mon mandat.

Vers une société d’information, d’échange et de débat

Un pays prospère, ce n’est pas seulement un pays où les biens circulent, où les personnes sont libres d’aller et de venir. Il faut aussi que chacun retrouve une liberté intérieure, un désir d’exprimer ses idées, de participer à des réunions, de faire connaître ses talents. Je m’engage à créer un nouvel état d’esprit pour que le Centrafrique connaisse une renaissance culturelle.

41. La presse et l’audiovisuel :

La presse demeure l’un des maillons faibles de l’expression de la démocratie et de l’Etat de droit dans notre pays. Je ne serai pas crédible dans mes engagements et ma croyance en ces valeurs cardinales que sont pour moi la démocratie, la justice et l’Etat de droit si je ne rendais pas la presse plus indépendante et plus forte au point d’assumer correctement sa mission d’information, de formation et d’éducation de masse.

La loi sur la presse sera révisée et les délits de presse dépénalisés.

La mission du Haut Conseil de la Communication, autorité administrative indépendante, ainsi que la modalité de désignation de ses membres seront rediscutées afin de mieux l’ancrer dans le nouveau paysage démocratique qui verra le jour avec mon accession à la Présidence de la République.

Le Gouvernement aidera la presse privée à franchir le cap d’amateurisme dans lequel elle est confinée pour devenir une presse professionnelle en finançant au plan local l’organisation des sessions de formation au métier de la presse.

Dans le cadre de la création des établissements d’enseignement technique et professionnel, une place prépondérante sera accordée au métier de journaliste.

C’est un devoir pour un Gouvernement d’informer immédiatement sa population sur ce qui se passe dans le pays et dans le monde. Paradoxalement, notre radio et notre télévision nationales ne s’écoutent et ne se voient qu’à Bangui. Le Gouvernement mettra tout en œuvre pour qu’elles deviennent réellement nationales

Le pluralisme audiovisuel doit également devenir une réalité dans notre pays. A cet effet, le Gouvernement prendra toutes les dispositions après son passage devant le Parlement pour libéraliser le secteur de la radiodiffusion et de la télévision.

42. La culture :

Elle désigne l’ensemble des modes de vie d’une communauté ou d’une société, par lesquels cette dernière se distingue des autres. Il n’y a pas de société sans culture et tout homme a, en ce sens, une culture. Il est un être culturel ; c’est ce qui le distingue fondamentalement de l’animal. Elle se manifeste à travers le langage, l’art, la technique, le travail, les croyances, les pratiques religieuses et bien évidemment l’histoire.

Je constate avec amertume que nous refusons d’assumer notre culture et la traitons très souvent avec dédain. Nous avons l’obligation de nous aimer tels que nous sommes : centrafricains d’abord et avant tout. Le dire et le vivre ne font pas de nous des xénophobes. Nous devons réclamer et afficher notre centrafricanité. Ce label, que chacun de nous porte intrinsèquement en lui, doit être protégé, défendu et promu.

Je prends l’engagement de tout mettre en œuvre pour faire de notre culture si riche et si variée un motif de fierté légitime et un facteur de développement. L’Etat continuera comme par le passé, mais avec plus d’entrain, à jouer son rôle de premier mécène. Il entreprendra en même temps des actions vigoureuses au plan législatif pour inciter les acteurs privés à s’impliquer dans le financement des projets culturels. Il sauvegardera le patrimoine culturel ; il institutionnalisera les festivals ; il créera des bibliothèques de proximité, développera un réseau de bibliothèques à travers le pays. Il mobilisera davantage de moyens financiers pour relancer le secteur culturel. Afin de remédier à la pénurie des livres et à leurs prix prohibitifs, l’Etat supprimera les taxes sur les livres scolaires et réduira les taxes sur les autres livres. Il protégera le patrimoine culturel, créera un centre national de la cinématographie ainsi qu’un fonds d’aide à la création culturelle. Il organisera le marché culturel.

La relance de la vie culturelle ainsi envisagée est un vaste chantier qui a besoin de moyens financiers conséquents mais aussi et surtout de réformes et de nouvelles lois susceptibles d’ouvrir le secteur à des initiatives et des idées neuves. Bien évidemment, le Bureau centrafricain des droits d’auteurs (Bucada), qui sera restitué sans délai à ses ayants droit, y sera pleinement associé. Le Ministre de la Culture disposera de six (6) mois pour présenter au Conseil des Ministres en vue de leur adoption les conclusions de sa concertation avec les partenaires culturels. Dans tous les cas, le premier festival de la culture se tiendra à Bangui dans la première quinzaine du mois de novembre 2011.

Des responsabilités du Centrafrique sur le continent africain et dans le monde

Comme son nom l’indique, notre pays est au cœur du continent africain. Sa déchéance en a fait un objet de convoitise pour plusieurs de ses voisins eux-mêmes déstabilisés, et cela pour deux raisons :
- d’une part, sa position stratégique et sa faible densité en ont fait la base arrière de pas mal d’insurrections dans la sous région ;
- d’autre part, les richesses minières et forestières de notre pays sont attirantes.
Je m’engage à renverser complètement la problématique et à renouer avec la philosophie fondatrice de notre jeune Etat : le Centrafrique doit utiliser sa position de cœur et de carrefour du continent pour servir la paix et les échanges. Il doit se donner les moyens d’une véritable culture de la paix.

43. La diplomatie et la politique étrangère :

Je m’engage à rendre à notre diplomatie ses lettres de noblesses en mettant à sa disposition les ressources nécessaires à l’accomplissement de sa mission de représentation de notre pays, de protection de nos intérêts, de négociation, d’information et de développement des relations amicales, notamment des relations économiques, culturelles et scientifiques avec les autres Etats.

Notre politique étrangère sera conforme aux engagements contenus dans le Pacte Présidentiel Pour la Paix et la Prospérité, à savoir : une politique au service de la paix et du développement.

Je m’engage, en outre, à rapatrier dans un bref délai nos compatriotes en fin de mission à l’étranger.

44. L’Observatoire National Indépendant (ONI) :

Je m’engage à procéder sans délai à la mise en place de l’Observatoire National Indépendant pour l’avancée des engagements contenus dans le Pacte Présidentiel Pour la Paix et la Prospérité.

L’observatoire National Indépendant aura pour mission d’évaluer l’avancée des engagements contenus dans le Pacte Présidentiel Pour la Paix et la Prospérité et d’en informer la Nation par tous moyens appropriés de communication. L’Etat le pourvoira en ressources nécessaires à l’accomplissement de sa mission.

Pour garantir son indépendance, les membres composant l’Observatoire National Indépendant seront choisis parmi les personnalités de la Société Civile.




Conclusion

En guise de conclusion, je voudrais partager avec vous ces propos lumineux tenus par Albert Camus lorsqu’il recevait le 10 décembre 1957 à Stockholm, en Suède, le prix Nobel de littérature:
« Chaque génération, sans doute, se croit vouée à refaire le monde. La mienne sait pourtant qu’elle ne le fera pas. Mais sa tâche est peut-être plus grande. Elle consiste à empêcher que le monde se défasse. Héritière d’une histoire corrompue où se mêlent les révolutions déchues, les techniques devenues folles, les dieux morts et les idéologies exténuées, où les médiocres pouvoirs peuvent aujourd’hui tout détruire mais ne savent plus convaincre, où l’intelligence s’est abaissée jusqu’à se faire la servante de la haine et de l’oppression, cette génération a dû, en elle-même et autour d’elle, restaurer à partir de ses seules négations un peu de ce qui fait la dignité de vivre et de mourir. Devant un monde menacé de désintégration […], elle sait qu’elle devrait, dans une sorte de course folle contre la mort, restaurer entre les nations une paix qui ne soit pas celle de la servitude, réconcilier à nouveau travail et culture, et refaire avec tous les hommes une arche d’alliance. »

J’ai rêvé le Pacte Présidentiel Pour la Paix et la Prospérité en me nourrissant du discours prononcé par cet illustre homme sur les missions de l’intellectuel que je suis supposé être. Je l’ai pensé du fond de mon cœur. Je l’ai porté pendant des années. Je l’ai gardé par devers moi en ne cessant pas de me dire : « Et si je me trompais ». Maintenant qu’il est accouché, je vous le donne, à vous mes compatriotes, en témoignage de ma reconnaissance et de ma gratitude pour tout ce que vous avez fait pour moi. Sans vos sacrifices, je ne serai certainement pas devenu ce que je suis. Sans votre adhésion, il va sans dire que ce pacte restera une chimère.


Elois ANGUIMATE.

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