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10/11/2009

Interview

Interview accordée par Elois ANGUIMATE

SOLIDARITE : ANGUIMATE, candidat à la présidentielle en Centrafrique, vous venez d’effectuez un voyage en France. C’est à quelle fin et quels sont les résultats obtenus ?

ANGUIMATE : Je vous remercie pour l’occasion que vous me donnez dans vos colonnes pour m’adresser à vos fidèles lecteurs que je salue. Avant de répondre à votre question, permettez-moi de réagir à quelques faits marquants de l’actualité.

Je voudrais saluer l’attribution du Prix Nobel à Barak Obama, Président des Etats-Unis d’Amérique qui incarne le renouveau et l’espoir dans notre monde d’aujourd’hui en proie à de nombreux conflits, me féliciter de l’accord intervenu entre notre gouvernement et les partis politiques au sujet de la répartition des postes au sein de la CEI, de la nomination au sein du bureau de la coordination de la CEI des compatriotes qui se montrerons dignes de la mission qui leur est confiée, espérer dans un proche avenir que toutes les facilitations leur sera accordée afin qu’ils s’attèlent à leur tâche, dire ma préoccupation par rapport au retrait de Miskine du processus de paix difficilement enclenché dans notre pays et inviter les deux parties Miskine et le gouvernement) à renouer rapidement le fil du dialogue en vue d’aplanir le différend à l’origine de ce nouveau clash préjudiciable à terme aux importantes échéances qui nous attendent en 2010. Je voudrais enfin clore cette parenthèse en déplorant la tragédie qui vient de frapper nos enfants dans la Ouaka et en présentant aux familles endeuillées mes condoléances les plus attristées. Plutôt que de dépêcher deux Ministres pour constater le fait, un gouvernement digne et responsable se prendrait autrement. Il s’attaquerait aux causes et non aux conséquences des malheurs qui nous arrivent

Je reviens d’un voyage en France où j’ai pris part en tant que conférencier aux côtés de mes aînés Jean-Claude KAZAGUI et Maître Lambert ZOKWEZO à une soirée culturelle en faveur des Ecoles de Bangui. Elle a été organisée par les associations PARFUM FRANCE AFRIQUE et UN AUTRE CENTRAFRIQUE dont veuve Hélène Boganda est la Présidente d’honneur. Je n’ai pas reçu mandat pour dresser le bilan de cette soirée. Madame Hélène Boganda, qui séjournera très bientôt parmi nous, se fera le plaisir de dresser avec vous le bilan de cette soirée. De ce que j’ai retenu de cette soirée dont je puis témoigner, des engagements ont été pris par la Municipalité de Kremlin-Bicêtre ainsi que par la Section Socialiste de Kremlin-Bicêtre en faveur de nos écoles et de nos enfants.

SOLIDARITE : Candidat indépendant que vous êtes, un baobab s’entoure toujours bien ! Alors quels sont ceux qui vous entourent ?

ANGUIMATE : Merci de me prendre pour un baobab, encore que l’expression me fait sourire eu égard aux commentaires peu élogieux que certains de vos confrères font sur moi. Je n’ai pas souvenance qu’un baobab s’entoure d’autres arbres, lui qui en impose par sa taille. Si j’étais un baobab comme vous le dites, je me suffirais à moi-même et ne verrais pas l’utilité de m’entourer de qui ou de quoi que ce soit. Voyez-vous, c’est Boganda qui jetait déjà cet anathème : « Malheur à l’homme seul ». Je ne suis pas un aventurier. Je ne mène pas un combat solitaire. Je ne suis ni Zorro ni Rambot pour mener à moi seul à son terme cette fastidieuse entreprise. Il y a bien évidemment derrière ma candidature un peuple (les Centrafricains) et un pays (le Centrafrique) silencieux dans sa souffrance qui aspirent enfin à la paix et à la prospérité. Il y a aussi des amis sincères qui nous veulent du bien. Comme l’iceberg, je ne suis que la partie visible. C’est avec ce peuple meurtri, ce pays exsangue et ses amis que, patiemment, je me prépare à assumer cette charge.

SOLIDARITE : Seriez-vous candidat sous la coupe de la Convention nationale ? Si non, nous aimerions savoir si vous n’êtes plus avec ce parti.

ANGUIMATE : C’est depuis le 25 mars date à laquelle j’ai rendu publique ma candidature à l’élection présidentielle de 2010 que je me dis indépendant. Auriez-vous des doutes sur mes intentions ? Je ne peux pas être à la fois candidat indépendant et candidat de la Convention Nationale. Je ne suis pas encore doté de ce pouvoir d’ubiquité. J’aurai tant aimé être le candidat de ce parti m ais il ne me l’avait pas demandé. Puisque cette question revient comme un leitmotiv, je voudrais dire ceci : dans le malheur où ils vivent au quotidien qu’importe aux Centrafricains de savoir que je suis candidat de la Convention ou non ? Il y a, à mon sens, plus important. Les Centrafricains aimeraient savoir à quelle sauce ils vont cette fois-ci être mangés.

A ce sujet, j’ai rendu public mon projet de société pour les cinq années à venir. J’ai ouvert un site des discussions sur les trois parties de mon programme que sont : la réforme de l’Etat et de l’administration, la réforme économique, financière et bancaire, la réforme sociale avec pour point d’orgue les amendements de la Constitution. Je m’étonne qu’on n’en parle pas ou qu’on ne m’interviewe pas dessus. Est-ce que le moment n’est pas venu pour ouvrir le débat sur le sujet ? Ou est-ce une manière de me dire que je suis hors sujet ? Je ne vois pas sur quoi d’autre la campagne sera menée. A l’avenir, je suggère fortement que nous parlions des sujets qui concernent la vie des Centrafricaines et des Centrafricains que de la Convention Nationale qui n’est pas un thème de campagne.

SOLIDARITE : On ne s’engage pas à la présidentielle sans soutien. Etes-vous soutenu ? Si oui, par quel pays étranger ?

ANGUIMATE : Je n’ai jamais su qu’être soutenu par un pays étranger fait partie des critères à remplir pour se présenter à une élection présidentielle. Puisque vous me le dites, je vais m’y pencher dorénavant car, je crois que c’est le seul critère que je ne remplis pas aujourd’hui. Plus sérieusement : Arrêtons d’inviter les pays étrangers dans nos débats, de les encenser quand tout va bien et de les diaboliser quand tout va mal. Ne faisons pas croire à notre population je respecte mais que certains d’entre nous ne cessent d’infantiliser que ce sont les pays étrangers, amis du nôtre, qui votent à sa place. Je récuse cette vision simpliste comme je récuse celle sempiternelle qui consiste à rendre coupables de tous nos maux les pays étrangers. Il est temps que nous acceptons d’assumer le poids de nos échecs et de nos réussites s’il y en a devant l’histoire. La presse responsable doit travailler dans ce sens. Elle doit travailler à faire prendre conscience à la population de l’enjeu d’une élection qui se résume, hélas trop souvent, au débat de personnes, aux folklores, à l’achat pour un temps déterminé des consciences des braves citoyens et aux manœuvres d’intimidation d’une administration publique à la solde du régime en place. La presse doit cesser de parler des candidats comme si leur personne suffisait à elle seule à constituer un programme de développement, d’orienter le débat en faisant croire que telle ou telle personne sera ou non candidat, que c’est tel ou tel candidat déclaré ou non qui sera au second tour. Une presse responsable se doit d’être neutre quand bien même on sait que derrière la presse il y a des hommes et leur sensibilité. En tant qu’aiguillon, la presse doit aider à voir clair dans les programmes au-delà de ce que sont les individus, beaux ou laids, diplômés ou non, appartenant à telle ou telle région, à telle ou telle ethnie. .

SOLIDARITE : Quels sont vos soucis sur les problèmes du Centrafrique ?

ANGUIMATE : Les problèmes auxquels les Centrafricains sont confrontés sont si nombreux et si urgents qu’ils constituent tous pour moi des soucis. Je les ai réunis sous deux rubriques qui constituent la trame de mon programme de gouvernement : la paix et la prospérité. C’est un thème sur lequel nous reviendrons en détail si vous le voulez bien. Aujourd’hui ou demain, peu importe. Je suis prêt à soutenir la contradiction. Avec vous comme avec n’importe qui. Je me suis préparé durant des années pour cela. Je suis fin prêt à gouverner dans l’esprit du Pacte présidentiel pour la paix et la prospérité notre pays, la République Centrafricaine. Je ne sais pas si c’est le cas pour les autres candidats déclarés ou non dont j’entends depuis des mois de connaître leur projet de société.

SOLIDARITE : Que dites-vous sur les effusions actuelles par rapport au Code électoral ?

ANGUIMATE : Il ne s’agit pas d’une simple effusion autrement dit de quelque-chose d’anodin et de banal, une chicanerie de trop de l’opposition mais d’une action en faveur de la conformité du Code électoral à la Constitution. En matière de droit, sur une question de détail, un criminel peut être relaxé ou acquitté. C’est parce qu’ils le savent que les sages de la Cour Constitutionnelles qui sont des professionnels du droit ont accédé favorablement à la requête de l’opposition que nous devons féliciter pour sa vigilance.

SOLIDARITE : Avez-vous quelque-chose à vous reprocher durant votre passage à la tête de Pétroca comme PCA et du Ministère de l’Education nationale comme Ministre ?

ANGUIMATE : Je ne vois pas à quoi vous faites allusion. Je ne vais tout de même reprendre à mon compte ce qu’on me reproche depuis le jour où j’ai commis le sacrilège aux yeux de mes pourfendeurs de me déclarer candidat à la présidentielle de 2010. Je n’ai pas choisi de naître Banda. Serai-je un Gbaya qu’on me demanderait de me le reprocher. Je n’ai pas choisi non plus pourquoi je suis né telle date et telle année, dans telle famille et dans tel pays. Ces reproches qu’on me fait ou qu’on me demande de me faire comme si je devais avoir honte de moi et de tout ce que j’ai fait dans ma vie, les adresse-t-on aux autres candidats. En la vérité, je gène. Tant pai pour ceux que mon existence et ma candidature dérangent. Comprenez que je ne rentre pas dans le jeu de l’autoaccusation et encore moins de la victimisation.

Pour répondre à votre question, excusez-moi du peu. Je ne me reproche aucun crime de sang. Je ne me reproche aucun crime économique. Je ne me reproche pas d’avoir servi mon pays et mon peuple que ce soit sous les présidents Kolingba ou Patassé ce dont je suis fier. Je ne pense pas avoir été le seul candidat à l’élection présidentielle de 2010 à le faire. Je ne renie pas mes engagements passés, présents et futurs. Que ceux qui ont des doutes sur le maintien de ma candidature rassurent : je serai présent à l’élection présidentielle de 2010. Plutôt que de s’attarder sur ma modeste personne, ce qui est tout à fait leur droit dans un contexte de compétition nationale où tous les coups sont permis mêmes les plus lâches et les plus déshonorants, je les invite vivement à me rejoindre sur un autre terrain, celui sur lequel je me sens parfaitement à l’aise : le terrain du débat des idées autour de mon programme de développement.

SOLIDARITE : Avez-vous un message particulier à lancer aux centrafricains ?

ANGUIMATE : Demander aux Centrafricaines et aux Centrafricains de prendre soin d’eux et de faire très attention aux vautours qui se sont parés de tenue d’agneau qui sillonnent nos villes, nos villages et nos quartiers et qui distillent des propos mielleux et distribuent à tour de bras des présents sous forme d’aumône. Pourquoi aujourd’hui seulement et pourquoi pas hier ? Cinq ans : l’échéance prochaine. Devons-nous attendre cinq ans encore avant la nouvelle aumône et les propos mirifiques ? Et pendant ce temps que faisons-nous ou de quoi devons-nous survivre ?

A bon entendeur salut !

SOLIDARITE : Nous vous remercions.

ANGUIMATE : Je vous remercie et vous dis à bientôt pour un autre débat.

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