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22/09/2010

Inflation

3-3 le niveau général des prix : l’inflation

Poser le problème des prix au Centrafrique c’est revoir toute l’organisation du commerce national, son cadre environnemental, organisationnel, financier, écologique, culturel, sanitaire, juridique, technique, la qualité des intervenants, les pratiques commerciales, la formation des prix, la formation et l’installation des Nouveaux Commerçants Centrafricains(NCCA), les relations avec l’extérieur, etc. Au tant des aspects qui ne peuvent passé inaperçus des responsables politiques et les décideurs du secteur.
Malheureusement à y observer de près, le commerce centrafricain est abandonné à lui-même et à la portée de la première venue qui s’étonne de l’indifférence du centrafricain qui croit fermement à l’idée qu’être commerçant est une qualité innée de ceux qui l’exercent avec une connotation péjorative de le considérer comme une voie de garage de ceux qui ne réussissent pas à l’école où ceux qui croient réussir n’y interviennent pas ; comme être musicien, mécanicien, cultivateur ou agriculteur etc.. Heureusement les mentalités évoluent et doivent s’affirmer dans la mise en œuvre du Pacte Présidentiel.

Nous ne le répéterons jamais assez que depuis toujours l’économie centrafricaine est une économie de passage et le commerce un vecteur déterminant qui n’arrête pas de saigner notre pays. Toutes les aides dont notre pays est bénéficiaire sont comme de l’eau versée dans du sable ce qui n’autorise pas le pays à avoir un circuit économique digne de ce nom pour les effets qu’on en attend. La fuite des capitaux toujours d’actualité, est monnaie courante et l’Europe n’est pas la seule destination. Jeune Afrique Economie de TALLA des années 80-90 a révélé que le rachat de la monnaie Franc Caf émission Be a c auprès de la Bceao se fait contre 0 Franc Cfa émission de la Bceao auprès de la Beac.

Des pans entiers du secteur sont désertés par l’autorité publique ou politique et donc les organismes de tutelle sont impuissants devant les comportements de ces opérateurs qui se croient en territoire conquis où seuls eux décident de tout et son contraire dont la formation des prix, la contrepartie en marchandise dans les échanges, le coté hygiénique mais surtout la spéculation organisée. Le centrafricain ne peut se payer cette situation toute sa vie.

Dans l’arrière pays l’impôt sur les activités et les revenus des intervenants n’existent plus. Un commerçant même à Bangui mais naturellement en province exerce simultanément sous le même toit le métier de grossiste et celui du détaillant. Le plus surprenant c’est que les services des impôts sont au courant et apprécient le système. Car à la question que j’ai posée à un inspecteur des impôts animateur des séances de séminaire sur l’institution de la TVA par la loi Dabanga dans les locaux du ministère des transports, celui-là sans gène avec une certaine assurance de technicien en la matière affirme que c’est normal et ne pose pas de problème. J’avoue avoir failli quitter le séminaire mais je me suis ravisé. Depuis ce jour j’ai compris pourquoi rien ne peut bien marcher dans notre pays. L’exemple qui suit explique pourquoi j’étais et reste en colère.

Quand le commerçant en question vend au prix de gros ttc le kg du sucre Sogesca à 400 F Cfa, le détaillant le vend à 600 f Cfa ttc, taux de tva de l’époque 18%. Quelle est la perte en recettes fiscales de l’Etat centrafricain dans un tel système ?

Faisons quelques petits calculs :

Le taux de tva 18% a pour coefficient de tva de 1,18

a)Prix de vente en gros ttc : 400 f Cfa
Prix de gros hors tva : 400 f Cfa/1,18= 338,98 f Cfa
Montant de tva collectée vente en gros : 400 f Cfa -338,98 f Cfa = 61,02 f Cfa (1)

b) Prix de vente au détail ttc ; 600f Cfa
Prix de vente au détail hors tva : 600 f Cfa /1,18 = 508,47 f cfa
Montant de tva collectée vente au détail : 600 f cfa – 508,47 f Cfa= 91,53 (2)
c) Différence entre tva collectée en b) et celle collectée en a) : (2)- (1)
91, 53 f Cfa-61, 02 f Cfa=30, 51 f Cfa.

Notons au passage qu’un carton de sucre vendu au prix de gros compte 25 paquets d’un kg soit 30,51 f Cfa *25= 762,75 f Cfa

Nous concluons ici que la perte sèche en recettes fiscales de l’Etat Centrafricain est de 30,51 f Cfa par kg de sucre vendu, 762,75 f Cfa par carton de 25 kg vendu. Et si notre commerçant vend 1 tonne de sucre la perte de l’Etat est de 1000*30,51 f Cfa = 30510 f Cfa. Or on nous apprend que la consommation annuelle du sucre par les Centrafricains serait de 20000 tonnes. Ce qui nous donne une perte sèche annuelle de notre pays de : 30510 f Cfa *20= 610200 f Cfa.

Face à cette analyse certains comptables dont les centrafricains doivent sursauter pour affirmer qu’il n’y a pas eu prise en compte de la tva déductible à soustraire de la collectée pour s assurer éventuellement de la tva à reverser à l’Etat sinon enclencher le cas échéant la procédure du crédit de la t v a. Malheureusement pour ces compatriotes ils doivent comprendre que notre commerçant sait très bien qu’en pratiquant sous le même toit deux métiers dont le droit commercial exige la séparation nette sauf au Centrafrique ne peut que tirer partie du système à son avantage en vendant au détail pour comptabiliser l’opération de vente au prix de gros.

Tant qu’il n’ya pas de flagrant délit ou dénonciation par le personnel du point de vente, il n’y a jamais vente au détail et dans ce cas il n’ya pas de tva déductible et que le ticket de caisse, preuve de toute transaction commerciale en vente au détail n’est exigé ni par la puissance publique ni par le consommateur centrafricain. Même s’il faut prendre en compte la tva déductible, nos compatriotes comptables savent généralement que celle-ci est inférieure à la tva collectée par conséquent les pertes ci haut ne sont que des hypothèses basses en perte sèche de notre pays parce qu’on a un moment de l’histoire de notre pays laissé une pratique s’installer sans raison aucune.

Cette pratique n’est pas la seule car dans notre pays un grossiste peut s’installer sous la forme juridique d’entreprise individuelle. Allez-y chercher la protection du consommateur centrafricain et les partenaires qui sont en relation d’affaires avec ce grossiste. Le système de prête nom, l’utilisation des photocopies des documents officiels pour créer plusieurs points de vente avec le même document, par conséquent l’emploi fictif des parents en séjour irrégulier sur le sol centrafricain dont l’arrivée dans notre pays a été soutenue par des passe droits, l’inobservation des conditions élémentaires de la pratique du commerce , la patente payée toute la vie pour peu qu’on se dise commerçant, système qui sous évalue les recettes de l’impôt sur le revenu ou les bénéfices industriels et commerciaux et donc de l’ assiette fiscale faussée à la base, entrer illégalement en Centrafrique et vivre maritalement avec une centrafricaine afin d’obtenir la nationalité centrafricaine puis se séparer de celle-ci pour épouser une femme de son pays qu’on ramène chez nous pour bénéficier de la dite nationalité et la liste est longue, très longue pour être dressée.

Tous ces éléments cités sont des opportunités d’emploi des centrafricains et un gain d’opportunité pour l’Etat Centrafricain quand on sait qu’au niveau de la sous région le taux de la pression fiscale est de 14% et que nous n’étions qu’à 8%en 2009 et à 11% en référence au budget de 2010. C’est dire que nous avons encore 3% de différentiel de pression fiscale à notre avantage. Tout dépend de l’orientation de la politique fiscale à mettre en place pour 2011 et ses modalités. Autant de sujets que la mise en œuvre du Pacte Présidentiel doit prendre à bras le corps avec la participation de toutes les bonnes volontés, à commencer par la formation des prix au Centrafrique.

a) La formation des prix avant la mise en œuvre du Pacte Présidentiel.

Le Centrafrique est un grand souk où n’importe qui peut s’improviser commerçant et vous vendre n’importe quoi le temps de faire fortune à la vitesse de l’éclair et disparaitre. Donc le prix, expression de spéculation, s’il s’affiche c’est selon le bon vouloir du commerçant : généralement hors taxes plus le taux de tva à appliquer laissant libre cours à toute négociation dont on ne verra aucune trace dans les livres comptables du point de vente. Sinon pas de prix affiché et il est dans ce cas du domaine pur d’un plan de vente que seul le vendeur sait : à la tète du client. Alors que l’affichage des prix des produits sur ceux-ci et sur la tablette sous le facing desdits produits et bien d’autres éléments sont obligatoires. Pour ceux qui l’ignorent encore la libéralisation du commerce a emporté avec lui la règlementation et le contrôle des prix par l’Etat mais pas le contrôle des pratiques du commerce et ses obligations dans plusieurs domaines. Nous pouvons alors affirmer qu’avant la mise en œuvre du Pacte Présidentiel le prix se forme comme suit :



PVTTC = Prix de Vente Toutes taxes Comprises
PVHT = Prix de Vente Hors Taxes
PAHT = Prix d’Achat Hors Taxes

MB = Marge Brute

Nous constatons que les composantes du prix se résument au prix d’achat, la marge brute, le prix de vente hors taxe et que la tva ne s’y ajoute que si la prise de décision d’achat se confirme à la caisse et donc vient augmenter le prix à payer, le prix ttc. Ce qui explique qu’il n’y a jamais prise en compte les effets de la négociation commerciale qui n’existe pas dans notre pays.

Notre Centrafrique est l’un des pays au monde où le prix est excessif, il est la résultante d’un conglomérat à la soviétique où se combinent la prédation, l’interférence du politique dans le monde des affaires, la concurrence déloyale, le monopole, le duopole, l’oligopole…. qui font le lit de l’entente dans le monde marchand. Malgré ces positions dominantes, nos géantes aux pieds d’argile se plaignent dès l’instant où un concurrent entre sur leur marché. Et pour résoudre ce problème qui est purement économique ces opérateurs économiques préfèrent s’en remettre aux politiques comme réplique. Alors que la réponse doit être technique dans la maison même en revoyant toute la stratégie marketing éventuellement avec ses conséquences sur de nouveaux investissements
C’est le cas de Colalu qui, depuis des années dort sur ses lauriers par un modèle économique qui date de la colonisation, a fait beaucoup de bruits à l’arrivée de son concurrent dans la fabrication des tôles.

La CASTEL beer, après sa croissance externe sur la dépouille de la MOCAF n’a pas jugé nécessaire de revoir sa stratégie marketing et des investissements nouveaux à réaliser Certes elle a su construire un portefeuille produit avec des produits naguère concurrents mais son mix marketing s’est arrêté juste là. Car au niveau produit c’est la confusion totale selon le consommateur centrafricain qui ne distingue plus le gout de la bière de luxe de celui des autres et que les étiquettes et autres bouts d’objets sont retrouvés dans la boisson ,alors qu’il fallait pousser l’offre produit en développant les bières spéciales telles titrées à 8 degrés ou de saison, l utilisation des cannettes de bières perçues par les compatriotes comme produits de haut de gamme, la bière à pression tant appréciée à une centaine époque à Bangui juste après l’indépendance…, le conditionnement est de plus en plus de mauvaise qualité avec de casiers en bois cassés, l’emballage n’a jamais été renouvelé sinon partiellement au point de servir la bière nationale dans des bouteilles rayées ramassées sur des ordures l’alignement des prix selon la quantité des produits et non leurs caractéristiques spécifiques qui les distinguent des autres. La distribution par le canal des grossistes est un nœud au cou du pendu qui est la Castel beer même avec la politique discriminante des prix de gros entre les FOURNISSEURS STRUCTURES et les autres que nous ne pouvons pas comprendre sauf si notre brasseur national nous affirme qu’il n’ y a d’intérêt que pour le marché local Banguissois. Et encore que…

Dans ce cas nous sommes tentés de reprocher à Castel beer une telle stratégie, et pour preuve l’offre CEMAC n’a pas attendu pour occuper la part de marché nationale abandonnée avec des produits de grandes qualités à tout point de vue : le monde a horreur du vide, en tout cas un mix marketing réussi tant pour GALA la Tchadienne que pour les camerounaises qui nous inondent et que les palais des centrafricaines et centrafricains apprécient. A ce stade nous nous demandons ce que fait le directeur des ventes ou directeur commercial de ses courbes de produits ? Quant à la communication c’est de la réclame, un échec total. Ce qui ne surprend pas d’ailleurs puisque pour en arriver là, il faillait en plus de l’offre produit, travailler le positionnement de chaque produit par une segmentation du marché selon les cibles avec un plan média à l’appui, mais hélas.

L’Etat doit revoir sa politique fiscale afin de favoriser la consommation du centrafricain par un gain de pouvoir d’achat réel. Il doit aussi porter les intérêts des centrafricains dans les négociations tant au niveau régional qu’international autrement dit au sein de la CEMAC par exemple le taux unique de la taxe à l’importation, celui de la tva, et la non taxation des produits fabriqués dans la communauté sont autant des freins au développement économique de notre pays. Alors tout le monde sait en économie que la fiscalité est une variable d’ajustement des recettes budgétaires ou un instrument de concurrence, avons-nous déjà oublié l’histoire des magnétoscopes japonais dans les ports français des années 80 ou alors au sein même de l’union européenne les tomates et fruits espagnols à la frontière française ? Cette politique fiscale de la sous région ne se rencontre nulle part dans le monde, même pas en Europe où la flexibilité en la matière l’emporte sur ces rigidités que nous avons concédées naïvement aux autres que nous voyons avancer avec étonnement et le dire ce n’est faire tort à personne. Il n’y a pas à avoir peur, comme dirait l’autre que les relations entre pays sont des relations d’intérêts, donc nécessité de négocier avec les autres ce que nous avons toujours mal fait.

b) la formation de prix selon le Pacte Présidentiel

Mr ANGUIMATE Elois affirme dans le Pacte Présidentiel que l’enclavement d’un pays ne l’a jamais empêché de se développer. Un coup d’œil sur la carte du monde pour s’en convaincre. Le pire c’est que ce qui est vrai dans l’économie réelle l’est aussi dans la finance, la circulation des ressortissants de la communauté et la gestion des compétences et autres ressources. Et pour ceux qui s’opposent à ce raisonnement je leur pose la question suivante : Quel intérêt un investisseur étranger ciblant le marché CEMAC s’implanterait-il dans notre pays ? Il serait très regrettable que nous ne constituons qu’en consommateurs exclusifs de la communauté sans pour autant en être aussi offreurs des biens et services aux autres populations. La CEMAC doit s’inspirer du modèle de l’Afrique de l’Ouest où tous les pays sont traités d’égal à égal. Même au sein de la CEMAC la Guinée Equatoriale a réussi à obtenir de celle-ci ce qu’elle voulait. L’EXCEPTION CENTRAFRICAINE sera l’argument primordial dans les négociations de la sous région, un préalable.

Pour renverser cette tendance le Pacte Présidentiel propose aux centrafricains un nouveau modèle économique où la décentralisation intégrale aura préparé le terrain. Pour que la formation de prix au Centrafrique soit revue avec les composantes suivantes :



PVTTC = Prix de Vente Toutes taxes Comprises
PVHT = Prix de Vente Hors Taxes
PAHT = Prix d’Achat Hors Taxes
PAHT Net = Prix d’Achat Hors Taxes Net de Remise
PAHT Net Net = Prix d’Achat Hors Taxes Net de Remise et Net de Ristourne

MB = Marge Brute
MA = Marge Arrière ou une nouvelle marge brute née de la négociation.

Le constat est clair. En plus des éléments du tableau no 1 le gouvernement de Mr ANGUIMATE Elois mettra en place une politique fiscale très souple pour relancer notre économie. (Voir les conditions de relance économique du Pacte Présidentiel).Cela ne peut se faire sans la mise en place des centrales d’achat que nous impose le planning du Pacte Présidentiel afin de massifier l’offre avec ses conséquences sur les prix, et la formation des centrafricains à la chose commerciale. Que la jeunesse centrafricaine saisissent l’occasion pour faire carrière dans le monde marchand, les fonctionnaires en mal du secteur public peuvent s’y reconvertir. Le commerce fera la part belle au marché pour soutenir nos mamans et nos sœurs qui y travaillent depuis. Le travail leur sera facilité par les structures d’accompagnement. La distribution moderne doit offrir à notre jeunesse surtout l’opportunité de maitriser les techniques du milieu notamment en négociation commerciale par des outils dont la programmation neurolinguistique, les techniques de reformulation, le plan de vente avec gestion des objections, l’analyse des besoins en usant de la pyramide d’Abraham Maslow ou la méthode de MURRAY. Des moyens didactiques et autres supports doivent leur faciliter la gestion des objectifs cités dans l »Entreprise développée ci haut et bien d’autres outils de gestion des unités commerciales.
En conséquence de quoi la formation de prix prendra en compte les effets de la négociation commerciale dont le PAHT net, net (prix d’achat hors taxe net de remise et de ristourne). L’émergence de ces nouveaux commerçants centrafricains est un rempart efficace dans la gestion de l’inflation. La pratique du discount aidant, ils sont à même de maintenir de façon durable le prix à un niveau bas voire très bas et que l’Etat ne viendra qu’appuyer une position déjà acquise par des mesures complémentaires par exemple la mise en place de plusieurs taux de tva avec un pivot de 15%.Quel centrafricain accepterait la vente de nos fruits et légumes au taux de tva de 19,6% comme les produits importés de la CEMAC ou d’ailleurs ?

L’objectif macroéconomique est de faire en sorte que le niveau général des prix baisse et se maintienne bas très bas pour que les taux directeurs du marché monétaire le soient autant. Donner un chiffre ici serait illusoire. Ce pendant prétendre à une fourchette de 2% à3% en fin de mandat de Mr ANGUIMATE Elois serait raisonnable

Elois ANGUIMATE

La volonté de dire, l’exigence de faire



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