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28/07/2010

LOBAYE

POLE DE COMPETITIVITE HISTORIQUE ET STRATEGIQUE 1



La Lobaye, comme les autres pôles de compétitivité bénéficie de tous les avantages de la décentralisation intégrale. Cependant force est de constater que les spécificités historiques, géographique, stratégique… font de ce pôle la rampe du lancement du Pacte Présidentiel car les éléments des avantages comparatifs ou compétitifs sont nombreux pour créer un effet d’entrainement et de diffusion du programme du candidat Elois ANGUIMATE.

La Lobaye sera le pôle de compétitivité d’où partiront plusieurs axes de réformes du Pacte Présidentiel qu’Elois ANGUIMATE aura à sceller avec ses concitoyens de cette partie de notre pays. Comme il l’a affirmé dans le Pacte, en point 18, page 16 sur la valorisation de l’eau, la mise en place du système multimodal de transport s’y prête pour tisser les réseaux nationaux des infrastructures de transport.

Le Pacte Présidentiel ne peut atteindre ses objectifs que par la solution appropriée au désenclavement du Centrafrique. Dans le schéma retenu par le programme du candidat Elois ANGUIMATE, ce désenclavement se fera par eau, air, terre et chemin de fer.

Transport par eau :

Le préalable consiste à rendre à nouveau navigable l’axe MONGOUMBA BANGASSOU. Pour y parvenir, le dragage de l’OUBANGUI s’impose et doit se renouveler périodiquement selon une cadence à déterminer avec le Service des Voies Navigables (SVN). La réhabilitation de tous les ports fluviaux de l’OUBANGUI tout en leur offrant une grande capacité des entrepôts devant permettre le stockage des produits. A ce titre le port de BANGUI sera revu de fond en comble afin d’envisager une plateforme logistique conséquente. Quelques chantiers navals et centres d’entretien ou de réparation des bateaux sont à développer. A terme nous devons disposer d’une marine marchande pour le transport international. Un musée du bateau et des pirogues sera crée et la navigabilité de nos cours d’eau doit être affinée et réalisée.



Transport par air :

Le Pacte Présidentiel envisage ici la dotation de chaque pôle de compétitivité d’un aérodrome et notre pays d’un HUB pour valoriser notre spécificité de CŒUR de l’Afrique. Pour ce qui est de la LOBAYE la piste de Bérengo doit être repensée pour une synergie avec le tourisme mais aussi de créer une capacité de stockage du sud ouest du pays. Toutefois MBAIKI peut se réserver le droit de construire un autre aérodrome si d’aventure Bérengo venait à bénéficier d’une spécialisation dans le transport national vu sa situation proche de BANGUI et des deux frontières congolaises. Le Haut-Mbomou, la Vakaga et la Nana –Mambéré sont dans ce cas.



Transport par chemin de fer :

Combien de Centrafricains savent que depuis la colonisation notre pays dispose d’un embryon de voie ferrée qu’aucun homme politique encore moins un Président de notre pays s’en est préoccupé ? C’est dans la gare désaffectée de ZINGA où végète cette richesse que le Pr SyLLA SEMBELLA, Maître de conférences à l’Université de BANGUI, a déniché et porté à la connaissance de ses compatriotes.

Aussi, Elois ANGUIMATE invite la population de la Lobaye surtout celle de ZINGA, les chefs de villages, les collectivités territoriales de la Lobaye de garder jalousement ce patrimoine contre tout acte de vandalisme. Il fait la promesse d’ériger ce haut lieu historique en site touristique : le MUSEE DU TRAIN DE ZINGA pour le tourisme national d’abord car très peu de nos compatriotes n’ont vu le train qu’en image ou au cinéma. Les conséquences financières pour la Lobaye sont nombreuses sur d’autres branches ou secteurs d’activité à savoir : l’hôtellerie, la restauration avec les spécialités culinaires de ce pôle de compétitivité, le secteur du bois avec des effets d’entraînement sur la menuiserie et la construction des logements et bureaux, le marché de travail etc.

Qu’à cela ne tienne ! Certaines informations que nous avons recueillies affirment le tracé de cette voie ferrée qui remonte jusqu’à BIMBO. Celles-ci confortent le candidat Elois ANGUIMATE dans son projet de parachever le chemin de fer OCEAN CONGO qui devrait avoir comme terminus l’actuel emplacement de NEW PALACE. Autrement dit la Lobaye doit être dotée du 1er tronçon de voie ferrée centrafricaine par la réhabilitation du tracé ZINGA-BANGUI d’une part et le raccordement de ZINGA à la frontière congolaise de Brazzaville d’autre part.



Transport par terre :

En la matière, la décentralisation intégrale confère à chaque pôle de compétitivité l’autorité des tracés des routés préfectorales adaptés à ses besoins et ceux des pôles de compétitivités voisins. Par contre la construction des routes nationales et les axes autoroutiers relèvent de la compétence nationale même si les pôles de compétitivités y contribuent dans l’espace qui les concerne.

Le tracé de l’axe autoroutier centrafricain s’inscrit dans cette vision du candidat Elois ANGUIMATE qui voit la nécessite de doter la Lobaye du 1er axe autoroutier de notre pays. Il y a plusieurs raisons à ce choix. L’autoroute A1 qui doit relier BANGUI à MONGOUMBA a l’avantage de compléter le dispositif multimodal de transport surtout de marchandises afin de baisser substantiellement les coûts ou prix de revient des produits à l’import ou à l’export pour consolider le pouvoir d’achat du consommateur centrafricain mais aussi pour développer notre compétitivité par le prix à l’international. Ensuite l’axe A1 sera complété plus au sud pour relier MONGOUMBA à BETOU au Congo Brazzaville. Enfin, de BANGUI le réseau autoroutier intérieur peut être lancé.

Tout ce dispositif multimodal n’est viable que si la première plateforme logistique nationale est créée à ZINGA en synergie avec le port de SALO qui sera spécialisé en hydrocarbures et dans le ravitaillement de l’ouest et nord ouest du pays.



Elois ANGUIMATE

Le courage de dire, l’exigence de faire.

21/07/2010

La Représentation Diplomatique Centrafricaine

Un outil tant ignoré.

L’ambassade centrafricaine doit plus que jamais incarner l’image que nous voulons de nous-mêmes ainsi que de notre pays à travers le monde.

Le temps où celle-ci est créée selon le hasard des circonstances, le personnel mal ou non formé et jeté en pâture dans des négociations internationales où nous faisions figure de mendiants, d’éternels pauvres qui ne savent pas ce qu’ils veulent, où l’on nous observe avec condescendance teintée de mépris, est révolu.

La position d’un centrafricain dans un pays donné pour quelque motif que ce soit est une rente de situation que notre ambassade doit faire contribuer au respect de notre pays, du peuple centrafricain et de l’intéressé lui-même.

Pour rendre ce schéma efficace et performant aux objectifs du Pacte présidentiel pour la paix et la prospérité, il faut que :

a) le nombre de nos ambassades soit arrêté de façon à avoir un effectif tel que tout pays qui accepte de coopérer avec le nôtre puisse être un partenaire privilégié dans un domaine bien défini.

Ce critère présente l’avantage d’éviter toute dispersion et errance dans la recherche des financements extérieurs mais surtout d’asseoir une stratégie d’approfondissement avec ces partenaires qui doivent avoir une meilleure vision de la ligne directrice de nos actions. A cet effet, nos besoins doivent préalablement être identifiés, hiérarchisés, évalués et planifiés par nous-mêmes ainsi que les solutions que nous jugeons nous-mêmes correspondre à ces besoins avant de les proposer à nos partenaires.

b) la nouvelle orientation de notre diplomatie reposera sur la diplomatie de la paix et du développement comme je l’affirme dans le Pacte présidentiel pour la paix et la prospérité. La représentation diplomatique centrafricaine sera restructurée avec des compétences nationales autour d’un ambassadeur effectivement en poste, disposant de moyens conséquents pour mener à bien sa mission dans le pays hôte et notamment de conseillers compétents pour bien exécuter les directives gouvernementales. Il sera adjoint à chaque conseiller des collaborateurs chevronnés représentatifs de tous les secteurs d’activité en Centrafrique.

Tenu par l’obligation des résultats, aucun diplomate ne sera nommé parce qu’il est de la famille présidentielle, de sa région, de son ethnie ou encore parce qu’il sera détenteur de la carte du Parti du Président de la République ou enfin parce qu’il arbore plus que tous les autres les tenues à l’effigie du Président de la République.


15/07/2010

Population


CENTRAFRIQUE : Combien d’habitants en 2010 et quelle politique?

Hypothèse (moyenne) avec un taux de croissance démographique de 2,5 % par an
Méthode : interpolation linéaire
2003 à 2015 soit 12 ans.
2003 à 2010 soit 7 ans.
Source RGPH 2003



- 2010 : 4 512 281
- 2011 : 4 600 443
- 2012 : 4 688 606
- 2013 : 4 776 769
- 2014 : 4 864 932
- 2015 : 4 953 095

Quels intérêts pour cette prévision ?
Les intérêts d’une telle prévision sont nombreux. Le premier et le plus déterminant, c’est que toutes les politiques économiques, sociales et culturelles doivent obligatoirement se faire sur la base du chiffrage effectif de la population pour qui ces politiques sont menées. La méthode étant connue, la fiabilité de ces chiffres ne peut être matière à polémiques stériles. La bonne lisibilité née de ladite prévision permet des ajustements aisés et compréhensibles de l’affectation des moyens à court, moyen et long terme. La clarté de cette projection nettoie les besoins doublons et limite les doubles emplois des ressources.

En ce qui concerne le Pacte Présidentiel, la prévision de la population centrafricaine ou son chiffrage ne sera plus la variable d’ajustement de l’autorité politique dans la recherche des financements du pays selon les circonstances. Bien au contraire elle constitue la base pertinente de la mise en œuvre du planning du Pacte Présidentiel. Les trois (3) réformes s’appuient sur cette prévision pour réussir.

En croisant un certain nombre de critères de cette population centrafricaine, le candidat ANGUIMATE Elois dispose dans les dossiers techniques de son programme des solutions appropriées à chaque secteur de notre pays avec comme corollaire des gisements d’emplois à créer. Les investissements à financer seront en ligne avec la population cible ou de référence.

Ainsi en est-il du pack sécuritaire, de l’éducation et de la formation professionnelle, de la santé publique, de la relance économique dont la réforme du secteur bancaire et financier, sans oublier les problèmes récurrents aux élections dans notre pays source de tant de bavardages et de conflits inutiles.

Votre candidat met fin à tout cela pour se consacrer à ce qui préoccupe ces concitoyens : la paix et la prospérité par le travail fait et effectivement rémunéré sans distinction catégorielle. Il fait de chaque Centrafricain à la fois l’acteur du changement dans notre pays et le premier bénéficiaire des résultats du travail accompli.


Elois ANGUIMATE

« Le courage de dire, l’exigence de faire ».

07/07/2010

LE PÔLE DE COMPETITIVITE

La préfecture



Chaque préfet, délégataire, ainsi pourvu de ce double transfert de compétences et de moyens de financement, doit faire de sa préfecture , un pôle de compétitivité, qui s’oppose encore une fois de plus au concept de pôle de développement, une coquille sans substance, ni stratégie.

Pour lever toute équivoque, il faut admettre que parler de pôle de développement dans le contexte centrafricain actuel est un raccourci que le candidat Elois ANGUIMATE réfute. Tout développement passe par la création, l’accumulation des richesses et leur répartition équitable entre les Centrafricains.

D’ailleurs, le Document de Stratégie de Réduction de Pauvreté (DSRP), cette belle production intellectuelle par l’inventaire exhaustif des besoins des centrafricains et par les méthodes d’analyses utilisées, manque de pertinence quant à son application à l’économie centrafricaine. L’explication est simple. Dans ce pays, tant que nous continuerons à mettre la charrue avant les bœufs rien de bon ne se fera. Autrement dit tant que nous restons persuadés que la solution économique de notre pays passe par l’analyse macroéconomique nous continuerons à faire fausse route quelque soit la réflexion. Et pendant cinquante ans (50), nous n’avons fait que cela ; chez nous où personne n’a pu jusqu’ici identifier les agrégats macroéconomiques, les instruments nous permettant de les mesurer sans que ces instruments soient contestés dans le temps comme cela est courant dans notre pays à chaque mutation.

Mais pour arriver au niveau macroéconomique, il faut que chaque agent économique joue de son instrument et de façon correcte dans chaque secteur économique à Bangui mais aussi dans chaque préfecture centrafricaine.

Le jour où un(e) centrafricain(e) ou une famille centrafricaine vous dira combien de kg de manioc ou de viande de bœufs, il (elle) consomme en moyenne par mois, le débiteur des boissons ses ventes mensuelles de la bière par mois en moyenne, l’artisan exploitant de taxi, son chiffre d’affaires hebdomadaire, l’effectif de son personnel et donc sa masse salariale mensuelle, le tailleur du quartier, etc. et que toutes ces informations traitées par la direction du commerce intérieure préfectorale ou nationale pour déterminer par exemple l’I D C (indice de consommation) par préfecture ou national, alors on peut commencer à parler de l’analyse macroéconomique par la modélisation de l’économie de notre pays.

Une telle quantité de travail, source d’emplois des Centrafricains, ne peut se faire avec l’administration actuelle. Sa décision de la mise à plat de cette administration d’une part et d’autre part du système obsolète de l’économie de notre pays est une nécessité sinon un passage obligé de la mise en œuvre de la réforme de l’administration centrafricaine mais surtout de la relance économique par le Développement Sectoriel (D S).


Certes, le travail est fastidieux parce qu’il est le cumul de plus de 50 ans de retard à « rattraper » sur tout l’espace national et tenter d’anticiper sur l’avenir pour ne plus prendre d’autres retards. Mais il constitue une opportunité inespérée d’offrir à la jeunesse de ce pays de construire son avenir.

Le travail attendu consiste à identifier tous les biens et services produits sur le sol national et destinés à la consommation nationale qu’il faut codifier afin de faciliter leur gestion, recenser et animer les producteurs et organiser le marché des fournisseurs, la distribution niveau national et enfin le marché de la consommation finale. Le schéma ainsi décrit se fait produit par produit, entreprise par entreprise, branche d’activités par branche d’activités, sous- secteur par sous secteur, enfin secteur par secteur, auquel il faut ajouter les activités transversales à toute cette liste. Voilà succinctement décrit le processus du développement sectoriel que retient le candidat Elois ANGUIMATE et dont on ne peut plus faire l’économie.

Chaque préfecture centrafricaine étant une forêt de richesses, la satisfaction des besoins des populations se fera à partir de ces richesses dont la production ou la transformation doit couvrir non seulement les besoins locaux mais aussi nationaux et la constitution des stocks régulateurs afin de soutenir les prix compétitifs et donc le pouvoir d’achat des Centrafricains et juguler définitivement les pénuries délibérément entretenues pour cause de spéculation. A ce titre, l’institution des Centrales d’achat constitue l’ossature de la politique de l’offre globale d’excellence du candidat ANGUIMATE.



CONCLUSION :

Cette réforme de l’ETAT est la base de toutes réformes du programme du candidat Elois ANGUIMATE ; de sa réussite dépendra celle des autres réformes.



Elois ANGUIMATE

« Solidaire contre la pauvreté nous vaincrons »

01/07/2010

BANGUI EST-IL NOTRE AVENIR?



''26 juin 1889-26 juin 2010: Cent vingt et un ans.''

«Là où la volonté est grande, les difficultés diminuent.» Nicolas Machiavel
«Savoir, c'est avoir conscience.» Clément Bouté-Mbamba

Considérations Générales:

26 juin 1889-26 juin 2010. Voici cent vingt et un ans que la ville de Bangui1 fut fondée. L'actualité de ces dernières semaines et l'occasion de la célébration de ce cent vingt et unième anniversaire nous fournissent les mobiles de devoir nous arrêter un moment; et de porter un regard sur Bangui, car son avenir est aussi celui de la RCA.

Classée dernière ville africaine et avant dernière ville au monde où il fait bon vivre par le cabinet américain MERCER le 26 Mai 2010, soit à un mois de l'anniversaire de sa fondation; la ville de Bangui mérite que l'on prenne un temps pour réfléchir profondément sur son sort, Car ce qui se vit au quotidien ici ne peut manquer de nous interpeller tous, fussions-nous ou pas Banguissois.

Ce classement des villes où il fait bon ou moins bon vivre se fait sur la base de plusieurs critères au rang desquels: environnement politique et social, santé, éducation, divertissements, bien de consommation...



Comme si cette mauvaise nouvelle là ne suffisait pas,le classement doingbusiness 2009 de la Société financière internationale(Groupe banque mondiale) place la République Centrafricaine au dernier rang des pays au monde où il fait bon investir et/ou y faire des affaires.

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1 Jusqu'en 1911 on l'écrivait encore BangHi

Ce classement, tout comme le précèdent est basé sur certains critères dont:
– facilité de faire des affaires,
– création d'entreprises,
– octroi de permis de construire,
– embauche des travailleurs,
– transfert de propriété,
– obtention de prêts financiers,
– protection des investisseurs,
– paiements des impôts,
– commerce transfrontalier,
– exécution des contrats,
– fermeture d'entreprises.



Lorsqu'on part du principe que Bangui est, de loin, la première place économique et financière de notre pays d'une part, et que d'autre part la majorité des activités s'y trouvent ou y ont leurs sièges, on peut valablement restreindre les informations fournies par ce rapport doingbusiness 2009 à la ville de Bangui. Alors, considérant le temps parcouru, près de un siècle et un quart déjà, plusieurs questions se posent. Qu'est-ce que Bangui, et où va-t-elle?

I: A la découverte de Bangui

Géographie




Bangui, capitale de la République Centrafricaine, est située entre 4°21' et 4°26' de latitude Nord et 18°32' de longitude Est. Elle est limitée au Sud par le fleuve Oubangui qui fait frontière avec la République Démocratique du Congo, au Nord par la commune de BEGWA (PK12), à l'Ouest par la commune de KPALE (BIMBO) et à l'Est par la vallée de la LANDJA.

Installée dans une dépression naturelle, la ville de Bangui se situe aux confins de la vallée de l’Oubangui et de son affluent, la Mpoko. Quelques marigots, à savoir: Ngoubagara, Ngounguélé, Sayévoar, Nguito, Landjia, Guitangola, Kwanga, etc., aujourd'hui sous l'influence négative de l'assèchement climatique et des interventions humaines chaotiques, complètent le réseau hydrographique de toute l'agglomération banguissoise. Le tout harmonieusement encadré par une série de chaînes successive de collines: les Monts Daouba-Kassaï et GBAZABANGI.

Plaine d'une surface inférieure à 360 mètres, la ville de Bangui compte de nombreuses zones marécageuses très prononcées sur un sol largement argileux et limoneux. La présence des Collines de Gbazabangui rompt la continuité de la ville d’Est en Ouest, créant une ligne nette de séparation entre l’Est, avec les ensembles Ouango, Kassaï et Gbangouma, et l’Ouest dominé par une vaste plaine marécageuse. La Région de Bangui est constituée par une succession de zones de plaine au contact des collines. Elle se caractérise par deux sous-ensembles de reliefs qui sont :

– la présence de deux chaînes de collines parallèles de direction Nord- Sud, Daouba-Kassaï et Gbazabangui, les collines de Kassaï étant séparées de celles de Gbazabangui par le couloir de Ndrès;
– la plaine qui s’étend à l’Ouest des collines de Gbazabangui, avec une altitude moyenne de 350 m aux abords immédiats du fleuve Oubangui et de la M’Poko.

Le climat de la Ville de Bangui est du type guinéen forestier avec l’alternance de deux saisons : une saison pluvieuse qui va de Mai à Novembre et une saison sèche, de Décembre à Avril.

La température maximale moyenne annuelle est de 32,4°C pour un taux d'humidité moyen supérieure à 50%. La pluviométrie moyenne annuelle à Bangui se situe dans l’ordre de 1500 mm/an.

On y distingue deux types de végétation, la forêt qui se situe sur la colline de Gbazabangui au Sud, et la savane qui est la résultante de l’action anthropique (défrichements, feux de brousse…). D'une superficie d'environ 2 km² en 1912, Bangui et son agglomération couvrent en 2010 une superficie d'environ 94 km².

Histoire

Créé le 26 juin 18892 par Uzac et Michel Dolisie en provenance de Brazzaville, le poste militaire colonial de Bangui est installé à l’époque en amont sur les bords du fleuve, là où l’Oubangui ne permet plus de naviguer(les rapides de Bangui). Les actes signés par le Gouverneur le 4 octobre 1911 à Brazzaville, capitale de l’Afrique équatoriale française, donnèrent à Bangui le statut de commune.

Plus tard, avec l'arrivée des colons et le développement des comptoirs des villages africains, suivant un schéma discriminatoire, se sont regroupés, à des distances notables, autour d’un quartier administratifcommercial. Sur ce fond, la ville a continué à se développer progressivement vers l’ouest, le sud-ouest et le nord dans la plaine marécageuse. Ce n’est que le 16 juin 1946, presque 57 ans après la naissance du comptoir des rapides de Bangui, qu’un décret a fixé le premier plan d’urbanisation de la ville. Depuis lors, Bangui a continué à connaître une croissance spatiale et démographique.

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2 Cette date se réfère à la présence effective de ces explorateurs européens sur le sol de ce qu'est aujourd'hui Bangui. Selon les documents d'archive que nul ne conteste, Bangui, comme implantation humaine, existait déjà à l'époque.

Administration

La municipalité de Bangui est administrée par une « Délégation spéciale » dont le président remplit les fonctions de maire. A l'instar de tous les responsables territoriaux à ce niveau, le Président de la Délégation spéciale de Bangui est nommé par décret du chef de l’État.

La commune de Bangui est placée sous la tutelle du ministère de l’Intérieur chargé de l’administration du territoire. Selon la loi du 13 janvier 1996, la ville de Bangui constitue la région n°7 qui devrait, selon les ordonnances des 12 et 19 février 1998, être normalement administrée par un Préfet. Nonobstant ces dispositions légales, la région n° 7 demeure sous l'administration directe du ministère de l'intérieur.

Organisée en Arrondissements, en groupements et en quartiers, la ville de Bangui compte huit arrondissements, seize groupements et deux cents cinq quartiers et une délégation spéciale(Mairie). Chaque arrondissement est placé sous l'autorité d'un maire lui aussi désigné par l'administration, qui rend compte de ses activités à la délégation spéciale.

Aux dernières élections législatives (2005), La région de Bangui avait envoyé neuf députés à l'Assemblée Nationale.

A la fois capitale politique et économique, Bangui regroupe en son sein la totalité des activités de l’administration centrale et la grande majorité des services publics et privés. Elle forme un ensemble urbain continu avec la municipalité voisine de Bimbo où résident à peu près 20% de la population de l'agglomération de Bangui. On y parle le Sango et le Français.

Population



En 1911, la ville de Bangui comptait 2000 habitants. Ce nombre passe à 22.000 en 1934 pour atteindre 650.000 en 1998. En 2009 on estime sa population et celle de son agglomération à plus d'un million d'âme. Avec une densité de 10753 habitants au km² soit environ 1920 fois la densité au km² de la RCA et environ 25% de la population de la RCA. Sa population représente 42% de la population urbaine centrafricaine.
Selon les spécialistes, la population de Bangui atteindra 1.200.000 habitants en 2020.
C'est une population extrêmement jeune. D'après les données du dernier recensement général de la population, les moins de 35 ans représentent 81,29% de la population globale et la proportion est encore plus élevée si l'on considère les moins de 15
ans: 42,38% de la population. Les femmes représentent 51% et les hommes 49%.

II: Les Problèmes de Bangui

1: Énergie
•91,7% des besoins énergétiques des ménages Banguissois sont satisfaits à partir du bois de chauffe.
•8% des ménages Banguissois utilisent le charbon associé au bois.
•0,3% des ménages Banguissois utilisent d'autres ressources : pétrole, gaz, électricité.

2: Eau
•75% des ménages Banguissois s'approvisionnent en eau aux bornes SODECA avec un délai moyen trajet estimé à 30 minutes;
•8% des ménages Banguissois possèdent un branchement individuel à l'eau courante;
•12% des ménages Banguissois utilisent des puits «dits protégés» avec une moyenne d'un puits pour huit ménages.
•5% des ménages Banguissois s'approvisionnent en eau à partir de sources non protégées.
•L'utilisation des eaux multiples sans précaution: eau de robinet, eau de puits traditionnels et de pluie.

•Absence de politique locale d'accès à l'eau potable.

•Insuffisance des Bornes SODECA.

•Système de traitement et de distribution peu fiable

3: Électricité
85,5% des ménages Banguissois utilisent la lampe tempête pour s'éclairer.
•10% des ménages Banguissois disposent d'un accès à l'électricité.
•4,5% des ménages Banguissois utilisent le bûcher pour s'éclairer.
•Faible électrification des quartiers.
•Délestage permanent.
•Difficultés d'approvisionnement du fait de l'absence d'une politique claire.

4: Habitat
•Prédominance de l’habitat pauvre dans la ville de Bangui.
•34% des ménages Banguissois vivent dans des habitations qualifiées de taudis dont plus de 80% n'ont pas accès à l'eau potable dans des quartiers non viabilisés à environ 60%.
•Seulement 44,2% des logements Banguissois disposent d'un système d'installation sanitaire.
•Seulement 0,5% des logements Banguissois disposent d'un sol revêtu en carreaux.
•1,6% des logements Banguissois disposent d'un sol en planche.
85,2% des logements Banguissois disposent d'un sol en terre battue.
•12,6% des logements Banguissois disposent d'un sol revêtus de ciment.
•3,2% des logements Banguissois disposent des murs en paille.
•9% des logements Banguissois disposent des murs en terre battue.
•79,8% des logements Banguissois disposent des murs en briques.
•2,9% des logements Banguissois disposent des murs en ciment.
•2,5% des logements Banguissois disposent des murs en brique cuite
•1,4% des logements Banguissois disposent des murs en bois.
•86,8% des logements Banguissois disposent d'un revêtement en tôles ondulées.
12,3% des logements Banguissois disposent d'un revêtement en paille dont 24% pour le seul 7ème arrondissement.
•Environ 1% des logements Banguissois disposent d'un revêtement en tuile ou en ciment.

5: Santé
•la capacité hospitalière de l'Agglomération Banguissoise est de 1001 lits soit 29,64 de la capacité hospitalière nationale dont 25% pour les services de maternité.
•Une inégale répartition des formations sanitaires(privée et publique): 25% sont situées dans le 1er arrondissement dont les deux principaux hôpitaux du pays alors que le poids démographique de ce dernier le place au 8ème rang des arrondissements de Bangui soit exactement 1,87% de la population Banguissoise. Cet arrondissement dispose à lui seul de 458 lits soit 45,75% de la capacité hospitalière de Bangui et 13,56% de la capacité hospitalière nationale répartis entre l’Hôpital Communautaire(150 lits), le Centre National Hospitalier et Universitaire de Bangui(105 lits) et le Complexe Pédiatrique(203 lits)
•On compte 50 médecins pour l'agglomération Banguissoise, ce qui nous donne un rapport d'un médecin pour 20833 Banguissois.
•Taux de séroprévalence VIH/SIDA à Bangui est de 14%
•Le taux de prévalence de la Typhoïde est de 15%
•9,34% de la population de Bangui souffre de maladie de peau.
•Le paludisme est la maladie la plus meurtrière à Bangui. Une hospitalisation sur deux est liée au paludisme.
•40% des consultations médicales à Bangui sont d'origine paludéennes.
•Le paludisme est la 1ère cause de mortalité des enfants de 0 à 5 ans à Bangui.
•Bangui est la ville(capitale) au monde où le taux de mortalité infantile est le plus élevé: 201%o.
•27% des naissances sont pratiquées à domicile.
•Taux de précocité de fécondité élevé chez les jeunes de 14 à 20 ans: environ 35%.
•Insuffisance du personnel de santé (médecins, paramédicaux).
•Insuffisance de médecins spécialistes.
•Insuffisance et vétusté de formations sanitaires publiques.
• Insuffisance des ambulances dans les formations sanitaires pour l’évacuation des cas graves vers les Hôpitaux.
•Un manque d’éducation des populations sur les précautions élémentaires d’hygiènes et
d'assainissement.
•Absence de normes nationales dans les stratégies d'hygiène et de santé.
•Le comportement sexuel débridé des adolescents à Bangui.

6: Hygiène
A] Les eaux stagnantes
-Les eaux de débordement des ouvrages de voirie.
-Les trous anarchiques à travers les quartiers pour la fabrication des briques.
-Les retenues d'eau (gîtes larvaires).
B] Le péril fécal
-80% des ménages Banguissois utilisent des latrines traditionnelles.
-89 % des ménages Banguissois ne disposent pas d’installations sanitaires hygiéniques adéquates.
-72% des latrines de Bangui n'ont pas de surface en dalle et manquent de toiture les abritant de la pluie.
-La gestion des excréta humains.
-La contamination des sols par les eaux de ruissellement émanant des latrines.
-Le niveau de construction des latrines à 0° du sol.
-La gestion des eaux grises (douches,bacs à laver,puisards...)
C] Environnement
- Déboisement accéléré du couvert forestier naturel et des plantations d'arbres d'aménagement urbain,
sciemment entretenu par certaines structures économiques de la place de Bangui;
-Dégradation des sols sous l'effet des érosions;
-Aucune mesure pour réduire l'ensablement de l'Oubangui;
-Disparition de certains cours d'eau et de certaines sources d'eau Banguissoises.
-La pollution de la nappe phréatique et des puits ;
-Absence de système d’évacuation et de traitement des eaux usées et des eaux de pluie;
-Habitats insalubres;
-Accroissement inquiétant du niveau d'alcoolisme;
- Insuffisance de marchés aménagés;conditions de vente des produits de consommation;
-Absence de mesure visant à la gestion et au traitement des ordures ménagères et industrielles;
-Incinération domestique des ordures ménagères;
-Feux de brousse sur les collines de Bangui et les forêts environnantes qui favorisent le ruissellement des eaux et aggravent l'effet des érosions;
-Utilisation des caniveaux à des fins de décharges publiques par des particuliers;
-La cohabitation avec des unités industrielles polluantes(exemple de l'UCATEX et maintenant de SAVEX).

7: Alimentation-Pauvreté-Chômage
52,9% de la population Banguissoise ne parviennent pas à s'offrir une alimentation minimale.
•11,29% de la population Banguissoise souffrent de malnutrition.
•12,4% des enfants de Bangui sont considérés comme émaciés.
37% des enfants de Bangui enregistrent des retards de croissance.
21,5% des enfants de Bangui ont une insuffisance pondérale.
79% de la population Banguissoise sont frappés par la pauvreté dont 56% par une pauvreté extrême.
•33% de la population Banguissoise vivent pauvres.
•Bangui participe pour 70% dans la grille de la pauvreté urbaine nationale, soit 7 pauvres sur 10 en Centrafrique sont Banguissois sur les dix principales villes du pays.
Le secteur informel constitue le plus grand pourvoyeur d'emplois avec près de 90% des actifs.
•Le taux de chômage à Bangui est de 21%.
•Le taux de sous-emploi à Bangui est de 51%.
54% des actifs Banguissois occupés ont des rémunérations inférieures au SMIG, c'est à dire moins de 35.000 Fcfa par mois soit moins de 53 euros par mois.
60% des demandeurs d'emploi Banguissois ont entre 15 et 30 ans.
•Les crises militaro-politiques de 1996 à 2003 ont entraîné la perte de près de 7000 emplois hors secteur informel.
60% des actifs Banguissois ne disposent d'aucun niveau scolaire.
30% des actifs Banguissois ont un niveau scolaire équivalant au primaire.
•9% des actifs Banguissois ont un niveau scolaire équivalant au secondaire.
1% des actifs Banguissois ont un niveau scolaire équivalant au supérieur.

8: Éducation
•Insuffisance d’infrastructures scolaires.
•Insuffisance du personnel enseignant.
•Insalubrité des salles de classe.
•Faible taux de scolarisation des filles.
•Insuffisance des Établissements d’Enseignement Technique.
•Effectif pléthorique des élèves par classe et dans les établissements.
•La situation dans le fondamental I :
-124 écoles;
-Effectif global: 112.000 élèves à la rentrée 2009;
-Nombre de salle de classe: 1329 pour 60335 places assises;
-1300 Enseignants;
-86 élèves pour 1 enseignant;
-53% de garçons et 47% de filles.
• La situation dans le fondamental II et le secondaire Général:
- 21 établissements;
- Effectif global:35.000 élèves à la rentrée 2009;
-Nombre de salles de classe: 177 pour 12.000 places assises;
-800 Enseignants;
-43,75 élèves pour 1 enseignant.
•61% de garçons et 39% de filles.

9: Transport
•Mauvais état des rues dans presque tous les quartiers de la ville de Bangui.
•Mauvais état des voies de transport des quartiers.
•Les voies de communication en mauvais état et impraticables pendant la saison des pluies.
•Prix élevé des transports en commun pour la bourse du Banguissois moyen.
•Absence d'une véritable politique locale de transport.

10:Urbanisation sauvage
67% de l'aire urbaine de la ville de Bangui ne sont pas lotis.
•Conditions de vie précaire, Insalubrité.
•Sous-équipement: réseaux de drainage, voirie, équipements, services urbains, eau, électricité.
•Le « laisser faire » comme politique d’aménagement urbain.
•Absence d'outils performants de gestion urbaine.
•Archaïsme du régime foncier de l’immatriculation des immeubles et des titres de propriété, du Code domanial et des règles d’urbanisme (dont le respect demeure au stade de vue de l'esprit).
•Développement de quartiers non intégrés et occupations anarchiques des zones non constructibles (surtout inondables).



10: Sérieux risques d'inondation

•La configuration de la ville de Bangui ne permet pas l’évacuation l'évacuation facile des importantes quantités d’eau qui s’abattent elle et sur tout le bassin versant, pendant les orages de la saison des pluies. Étant essentiellement marécageuse et prédisposée aux inondations, le territoire de Bangui aurait dû
bénéficier d'une attention particulière en matière d'ouvrages destinés à prendre cet aspect en compte.
•1/3 de l'aire urbanisée est un ensemble d'anciens marais dont 60% sont situés en zones inondables.



11:Les ghettos-refuges
•La religion.
•Les concentrations ethniques par quartier.
•Le développement exponentiel des Bars(dancing, Nganda, restaurant...).

12: Insécurité
•L’insuffisance des éléments de Sécurité dans les Arrondissements.
•La méfiance vis-à-vis des forces de défense et de sécurité.
•Le manque de locaux et d’outils appropriés de travail pour les services de sécurité.
•L’emploi des auxiliaires qui sont pour la plupart des délinquants, auteurs des exactions et de bavures
sur les populations.
•Braquages.
•Tracasseries policières.

III: Bangui, la RCA et l'avenir

Les différentes données ci-dessus n'ont pas pour objectifs de faire croire qu'un cataclysme prochain s'abattra sur Bangui. J'ai nommé cette tribune: Bangui est-il notre avenir?
En effet les problèmes de Bangui, dont une partie seulement a été présenté dans cette tribune, sont aussi les problèmes du Centrafrique. Le centrafricain de Birao, de Baboua, de Salo, de Djema se reconnaîtra dans ce diagnostic car sous toutes les latitudes de notre pays, les maux sont presque identiques à l'échelle nationale. Ainsi, résoudre les problèmes de Bangui, c'est aussi résoudre ceux de la RCA entière.

Je ne souhaiterais pas être appréhendé comme faiseur de l'apologie du «Banguiisme», cette sorte d'hérésie politique qui consiste à placer Bangui et sa population avant tout le reste du pays. La RCA, à mes yeux, ce n'est pas que Bangui et Bangui ne saura jamais être la RCA. Pourtant, il va de soit que le sort de Bangui, que l'on le veuille ou non, conditionne notre avenir comme double entité unique à savoir comme Territoire et Nation.

Le défi du mandat de 2005 était de faire du centrafricain le sujet et en même temps l'auteur de son histoire. Le temps du bilan viendra dans le cadre des prochaines élections, et le peuple tranchera. Mais le défi du mandat à venir comporte des contours primaires dont l'évocation, fait frémir, tant la configuration du chemin qui s'offre à nous semble périlleuse, attise la curiosité et pousse à la détermination et à l'engagement. Car, relever ce défi signifiera poser les fondements qui serviront à
déclencher le mécanisme pour la naissance du nouveau Centrafrique.
Et bâtir un nouveau Centrafrique signifie avant tout, déclencher de nouvelles perspectives destinées à consolider le désir de vivre ensemble dans la concorde et regarder dans une seule et même direction,le devenir du Centrafrique et du peuple centrafricain.

Après cette longue traversée du désert qui dure depuis plus de 50 ans, nous avons besoin d'un nouveau challenge, d'un nouveau défi, d'un nouveau rêve.

A: Que faire maintenant?

Le choix de la fondation de Bangui répondait aux nécessités de la mission Dolisie qui avait pour objectif de prendre le contrôle des territoires situés sur la rive droite de l'Oubangui. Ainsi, notre ville fut fondée pour permettre la pénétration et la prise de contrôle du territoire qui deviendra plus tard la RCA. De ce choix est né Bangui et de l'îlot des 3 villages qu'il était avant, une aire urbaine de 94 km² et de plus d'un million d'habitants s'est développée.

Bangui, telle que nous la connaissons aujourd'hui, n'est pas notre choix, notre rêve et encore moins notre fierté. Les propos tenus ici sont loin de constituer un plaidoyer en faveur de l'abandon de Bangui. Mais j'aimerai à faire remarquer que le jour où une catastrophe surviendra, personne ne pourra prétendre n'avoir pas été mis au courant: SAVOIR, C'EST AVOIR CONSCIENCE.

Toutes les données récapitulatives des problèmes (non exhaustifs) de Bangui ci-dessus, sont extraites à partir des rapport officiels ou de publications scientifiques, dont les copies garnissent les armoires de différentes administrations à Bangui. La situation de Bangui n'est donc un secret pour personne. Elle
est notoirement connue. Et, face à cette évidence, il se pose à nous centrafricains, d'où que nous venions et où que nous nous trouvions en cette fin de la première décennie du vingt et unième siècle, une si simple question: «Que faisons-nous?» ou «Qu'allons-nous faire maintenant que tout semble se présenter si mal pour ce centre des décisions capitales de la vie de tout le pays?» A mon esprit s'impose une esquisse de réponse: «BÂTIR UNE NOUVELLE CAPITALE».

Un changement n'est bénéfique que lorsqu'il sort de la vue de l'esprit pour apporter du concret dans la vie de l'Homme. On peut sortir tous les slogans du monde ou tous les catalogues de programmes de campagnes électorales, mais tant qu'ils n'induiront pas une nette amélioration des situations concrètes des masses centrafricaines, ils auront été de simples gadgets électoraux.

Avant de se fixer définitivement à Bangui et de devenir plus tard la capitale de la RCA, le chef lieu du territoire du Haut-Oubangui était jadis mouvante, en fonction des intérêts du colon. D'abord à Possel (Fort-Possel), il a été ensuite Bangui pour y demeurer jusqu'à ce jour. Le vécu quotidien de Bangui plaide largement en faveur de ce transfert qui sera aussi un moyen de décentraliser le pouvoir et de procéder à un rééquilibrage démographique inscrit dans un plan global.

Installer le centre du pouvoir du Centrafrique dans un environnement conçu pour lui, participe obligatoirement à sa stabilité et surtout à son efficacité. Ce sera aussi une partie de la vigoureuse réponse que l'on se doit d'apporter aux différents problèmes liés au site de Bangui.

B: Mais quel avenir pour Bangui?

Avec le niveau de connaissance qui est le nôtre aujourd'hui, si nous devrions nous retrouver à l'an 0 de la ville de Bangui, et que la question du choix de son établissement sur l'actuel site se posait, je prends le risque de dire que c'est le non qui l'aurait emporté.

Mais malgré tous ses problèmes d'ordres structurel et physique; Bangui, c'est notre histoire et le miroir de nos travers. Mais un miroir qui reflète notre incapacité à prendre en charge notre destin et à apporter des solutions à nos problèmes existentiels. Prendre partie pour le transfert de la capitale vers une autre ville ne signifie pas que je prêche l'évangile de l'abandon de Bangui ou du déplacement des
problèmes de Bangui vers un autre endroit.

Comme nous l'avons sans aucun doute constaté en analysant les données récapitulatives, Bangui est confrontée à divers problèmes auxquels il s'agit de répondre tout de suite et avec pragmatisme. En plus des problèmes d'ordre physique liés à la nature du site, les 2/3 des problèmes de Bangui prennent leur origine à partir des actions conscientes ou inconscientes développées par l'homme. Pour y faire
face et pouvoir atténuer leur impact, il nous apparaît impérieux de procéder à son aération3.

En effet, du fait de la pression de l'homme, nous assistons à une raréfaction drastique des ressources naturelles autour et dans Bangui. L'agriculture péri-urbaine ne permet plus de répondre aux besoins locaux. Les ressources énergétiques, singulièrement le bois, se font de plus en plus rares4. Si rien n'est fait, d'ici une dizaine d'année, l'agglomération de Bangui connaîtra une sérieuse crise
d'approvisionnement, dont les conséquences seront, pour le moins imprévisibles, qui auront entre autres pour noms: inflation, pauvreté extrême, désolation, banditisme, dégradations environnementales irréversibles...

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3 Par aération, j'entends la série d'actions dont l'objectif final sera de permettre à la ville de Bangui de retrouver un certain équilibre. Et...aérer Bangui, c'est réduire le nombre de sa population, c'est réduire sa superficie et c'est maîtriser enfin son urbanisation, donc ses expansions démographique et spatiale.
4 Les chantiers permettant le ravitaillement des foyers de Bangui sont de plus en plus éloignés, témoins d'un recul plus qu'accéléré du front forestier du sud-ouest. Ce qui est dû à l'impact de l'agglomération Banguissoise sur le site de Bangui et des régions environnantes du fait de son explosion démographique et de l'occupation spatiale catastrophique et non maîtrisée.

C: Mais... et la RCA dans tout ça?

L'on ne peut sérieusement parler de l'avenir de Bangui sans évoquer celui de la RCA dans son intégralité. Car, à mon avis, l'avenir de Bangui, c'est aussi celui de la RCA, lequel passera obligatoirement par le solutionnement du lot de problèmes de Bangui.

En effet, Bangui, de par son importance sur l'échiquier national, capitalise, à elle seule, la somme de toutes nos erreurs passées et présentes. Cette ville est le miroir de notre déchéance et le reflet de nos non-choix. Lui donner un nouveau statut ne peut que s'inscrire dans un plan global.

Cette tribune n'a donc pas pour prétention principale de présenter un quelconque projet dans ce sens. Elle se veut plutôt initiatrice du débat dont l'objet final est de préparer le Centrafrique de demain, en donnant une esquisse au contour de celui d'aujourd'hui.

Le projet du transfert de la capitale centrafricaine vers une ville que les centrafricains choisiront souverainement par référendum, et le chantier d'aération de l'agglomération banguissoise, insérés dans un programme global qui intégrerait:

– le développement urbain,
– l'équilibre démographique,
– le développement de l'agriculture,
– la modernisation des centres urbains,
– le redéploiement de l'administration et de l'autorité sur l'ensemble du territoire national,
– la création de pôles régionaux de développement.

Ledit programme sera un pacifique rêve autour duquel, nous centrafricains, nous nous réunirons pour fonder le '' Beafrika way of life.''

Un tel projet, une telle ambition en plus des objectifs visés, je l'espère sera porteur d'espoir et d'espérance car capable de générer la création d'emplois, des milliers d'emplois directs et indirects. Qui aura le mérite de mettre le peuple, le pays entier, au travail.

Conclusion

J'ai conscience que parler de l'avenir dans un contexte socio-politique et économique si fébrile, où tout pousse à croire que nous évoluons sûrement vers ce moment où le danger pourrait atteindre son paroxysme, peut paraître surréaliste. Je le concède. Mais elle reflète la jeunesse, ma génération. Et...refusant de succomber à ce que d'aucuns qualifient à juste titre de centropessimisme ambiant, j'ai fait le choix de parier sur l'avenir. Question simple de considérer le présent sur le principe de la projection sur le lendemain dont massivement dépend le devenir du pays. Et c'est cela le fondement logique de cette tribune.

Bon anniversaire à Bangui et à tous les Banguissois.

Clément BOUTE-MBAMBA


Post-Scriptum: cette tribune est une occasion pour rendre un hommage à Cyriaque Rufin Nguimalet et Yves Boulvert pour leurs divers travaux et publications sur Bangui. Au travers de cet hommage, c'est aussi un encouragement et une gratitude que j'exprime à l'endroit des personnes qui au quotidien, travaillent parfois dans des conditions difficiles pour nous permettre d'avoir l'outillage nécessaire pour planifier la gestion de la cité.

Bibliographie:

-Démanteler le KM5 pour rélancer l'économie Centrafricaine. Clément BOUTE-MBAMBA, Montargis, Novembre 2007.
http://www.sozowala.com/palabre/reflexions/r20071126001.htm
-Le site de Bangui-Zongo. Yves Boulvert-MRP Orstom. Décembre 1983.
-Bangui.1889-1989: Points de vue et témoignages. Yves Boulvert, Éditions Sepia. Février 1994
-Bangui, capitale d'un pays enclavé d'Afrique centrale. Presses universitaires de Bordeaux, Janvier 1990.
-Les kodro de Bangui : un espace urbain « oublié ».Adrien-Rongier Marie-France In Cahiers d'études africaines. Vol. 21
N°81-83. Villes africaines au microscope. pp. 93-110. Paris 1981.
-Les inondations urbaines à Bangui,République Centrafricaine...Évaluation de la situation actuelle et mesures pour réduire la fréquence et atténuer les impacts futurs. Rapport de l’évaluation conjointe des besoins. Institut centrafricain des
études économiques et sociales
(ministère du Plan, de l’économie et de la coopération internationale-Gouvernement Centrafricain). Bangui Septembre 2009.
-Les crues historiques de l'Oubangui et leurs implications dans la gestion de l'eau du site de Bangui, capitale de la République Centrafricaine. Cyriaque Rufin Nguimalet et Yves Boulvert. La Baule 2006.
- Population et croissance spatiale : diagnostic et implications pour une gestion urbaine de Bangui (République centrafricaine). Cyriaque Rufin Nguimalet in Urban Population, Development and Environment Dynamics in Developing Countries. Nairobi, Kenya Juin 2007.
-Objectifs du Millénaire pour le développement. Rapport National.PNUD-Gouvernement Centrafricain. Septembre 2004.
-Le comportement sexuel des adolescents à Bangui(RCA).Frédéric KOBELEMBI in African Population Studies Vol.20 n°2/Étude de la population africaine vol. 20 n° 2. 2005, pp. 65-99.
- Gestion de la qualité de l'eau, conflits et risques dans la ville de Bangui(République centrafricaine). Géocarrefour Numéro vol. 80/4 La pénurie d'eau : donnée naturelle ou question sociale ? 2005.
-Enjeux stratégiques de la Planification Urbaine : Méthodologie et outils d’élaboration des plans locaux de développement. GABRIEL TANGUY NGOUAMIDOU , Niamey Niger Avril 2009.
-PROFIL DE PAUVRETE EN MILIEU URBAIN(Enquête sur les Conditions de Vie en milieu urbain – ECVU – 2003): La ville de Bangui. PNUD-Gouvernement Centrafricain. Bangui, Novembre 2006.
-PROFIL SOCIOECONOMIQUE DE LA VILLE DE BANGUI. Institut Centrafricain des Statistiques et des Études Économiques et Sociales(Ministère du Plan, de l'Économie et de la Coopération Internationale).Bangui, janvier 2008.
- Objectifs du Millénaire pour le développement. Rapport National de Suivi. Institut Centrafricain des Statistiques et des Études Économiques et Sociales(Ministère du Plan, à l'Économie et de la Coopération Internationale)-PNUD. Bangui, Juin 2007.
-Recherche Centrafrique Actualités(Bulletin d'information de l'Orstom Bangui) N°1, Mars 1993.
-AMENAGEMENT DES QUARTIERS PERIPHERIQUES ET ENJEUX FONCIERS:Exemple d’urbanisation spontanées à Bangui. Jean Bosco ABDERAMANE, Directeur des Études et Projets Services Techniques Municipaux de la Ville de Bangui. Bamako, Novembre 2008.
-Bambari,Pour une nouvelle capitale de la République centrafricaine. Jean Bosco Peleket,Paris Janvier 2003.
http://www.sangonet.com/bambJBP/caprca.html

Illustrations: www.vospiresamis.net – www.google.com - Cyriaque Rufin Nguimalet

LA DECENTRALISATION INTEGRALE

Le concept :

La décentralisation intégrale s’oppose à la décentralisation régionalisation comme nous l’avons déjà dit, en ce sens que cette dernière reste une centralisation qui n’est pas sans problèmes d’organisation, de conflit entre préfectures pour ce qui est du lieu où doivent siéger les gouverneurs et les conseillers régionaux, les coûts administratifs qui constituent un coût d’opportunité à tout investissement en faveur des populations, etc.…

Il y’a par ailleurs un risque de chevauchement des compétences entre l’exécutif national, les gouverneurs régionaux et les préfets ; et tout cela pour quels objectifs pour le centrafricain ? L’argument de coût à optimiser reste à évaluer ; ceci dans le rapport coût/efficacité et par quel financement ?

Alors que la décentralisation intégrale assure l’autorité de l’exécutif sur tout le territoire national par une délégation effective des pouvoirs politique, administratif, économique, sécuritaire aux collectivités territoriales, ces structures qui existent déjà n’auront comme coût que ceux pris en compte par la reforme de l’État. Le délégataire est le préfet qui a la totale compétence territoriale sur sa préfecture, entouré des compétences constituées des directeurs préfectoraux de chaque ministère pour une meilleure mise en œuvre des décisions nationales. Des organismes d’aide à la décision rattachés au préfet complètent le dispositif.

Cette délégation des pouvoirs s’accompagne de transfert des moyens financiers(1) qui permettent le financement du budget préfectoral selon la procédure budgétaire à mettre en place. C’est pourquoi il est impératif de transférer des compétences développées dans les dossiers techniques du pacte présidentiel du candidat Elois ANGUIMATE aux collectivités territoriales dont la première de la liste est développée dans la réforme administrative.

Cette décentralisation intégrale est aux collectivités territoriales ce que la réforme administrative est à l’État centrafricain. Elle crée un nouvel espace sain à l’initiative privée(2). Le pôle de compétitivité.


Elois ANGUIMATE

(1)- 7ème moyens de financement du Pacte Présidentiel du candidat Elois ANGUIMATE
(2)-Pacte Présidentiel ; point 16 ; dernier paragraphe ; page 16