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01/03/2010

Interview du 01/03/2010 au journal Le Peuple

Le Peuple (LP): Elois ANGUIMATE, vous êtes candidat à la présidentielle qui pointe à l’horizon. Quel est votre sentiment au lendemain du décret qui convoque le corps électoral au mois d’avril ?

Elois ANGUIMATE (EA) : Un sentiment de colère et d’indignation contre cette nouvelle forfaiture, un régime voyou et irresponsable qui passe son temps à allumer des foyers de tension à travers le pays et qui est incapable après de les éteindre tout seul et un président de la CEI auréolé de son titre de serviteur de Dieu qu’il a été ramassé on ne sait où qui confirme chaque jour son parti-pris et son incompétence notoire à diriger une institution de cette importance dont on aurait dû le décharger dès la première crise par lui provoquée. L’opposition doit pouvoir cette fois-ci le faire partir de son douillet fauteuil et renvoyer le Président de la République et le gouvernement à une lecture attentive de la Loi N° O9.009 du 03 Août 2009 portant code électoral avant toute nouvelle convocation du corps électoral.
Pour moi ce décret est nul et de nul effet. Il doit être annulé puisqu’il n’est pas décidé consensuellement par les membres de la CEI dont certains membres notamment ceux de l’opposition démocratique et des mouvements politico-militaires viennent d’être désignés et qui de surcroît n’ont pas prêté serment comme l’exigent les textes en vigueur.

LP : La République Centrafricaine n’est pas encore sortie de l’ornière. Comment justifiez-vous votre candidature ?

EA : Je justifie ma candidature par devoir envers mon pays, la République Centrafricaine, que j’aime tant et envers les Centrafricains qui ont consenti d’énormes sacrifices pour faire de moi ce que je suis devenu. Je souffre énormément à l’idée de savoir qu’en retour de ces sacrifices, certains des nôtres aux charges de l’Etat les paient en monnaie de singe.
Le 13 août prochain, nous célèbrerons le cinquantième anniversaire de notre accession à l’indépendance, une indépendance pour laquelle Barthélemy Boganda a lutté sa vie durant et trouvé la mort. Quel est le dirigeant qui se soucie réellement de sa mort et en a tiré des enseignements pour la conduite des affaires de l’Etat ? Qu’avons-nous fait de cette indépendance chèrement acquise ? Qu’avons-nous fait au cours de ces cinquante ans ?
85 % des nôtres vivent en dessous du seuil de la pauvreté. Nous avons le taux de scolarisation la plus faible au monde. Notre pays occupe le 1er rang dans la sous-région Afrique Centrale et le 10e rang mondial en VIH/SIDA, le dernier rang mondial en Indice de Développement Humain. Comment être fier d’une telle contre-performance quand on sait que nous gisons sur d’incommensurables richesses dont le diamant, l’or et le bois pour ne citer que les plus notoirement connues. Face à ce désastre qui aurait dû nous unir, nous avons choisi de nous exclure et, comme si cela ne suffisait pas, à nous battre et nous entretuer. Ce que nous avons fait de cette indépendance et de ces cinquante ans, c’est d’apporter une réponse imbécile et débile.

LP : Et si on parlait de vos priorités

EA : Volontiers. Mes priorités sont multiples et variées. Elles correspondent aux aspirations légitimes de notre peuple exprimées dans le Document de stratégie de la réduction de la pauvreté et à ma volonté manifeste de faire de notre très cher Centrafrique un pays moderne, paisible et véritablement démocratique. Pour atteindre cet objectif, nous devons impérativement réformer notre Etat et notre administration, réformer notre économie et nos finances, réformer notre secteur social et culturel, partager largement le pouvoir, être au service et à l’écoute de notre peuple majoritairement pauvre et jeune. Tout mon effort au cours de mon mandat tendra à éradiquer la pauvreté qui constitue à mes yeux une grave injustice et une insulte inacceptable. Dans mon gouvernement qui sera dirigé par une femme six ministères s’occuperont à temps plein et de manière spécifique de ce problème. Il s’agira du Ministère de la Justice, du Ministère de la Solidarité Nationale et des Droits Humains, du Ministère de l’Alphabétisation et de la Formation Professionnelle, du Ministère de la Santé Publique, de la Population, des Affaires Sociales et de l’Environnement, du Ministère de l’Education Nationale, de la Jeunesse et des Sports et du Ministère du Développement Rural qu’il ne faut surtout pas confondre avec le Ministère de l’Agriculture. Des fonds seront créés et mis à la disposition de cette cause nationale.

LP : Vous dites que vous êtes un homme de paix. La question qui se pose est celle de savoir si vous serez en mesure de rassembler tous les Centrafricains autour des idéaux que vous défendez.

EA : Votre question me surprend d’autant plus que dans votre publication du 26 février 2010 vous écrivez : « Elois Anguimaté, candidat indépendant, figure en bonne place parmi les grands favoris de la prochaine présidentielle ». Vous ajoutez plus loin : « Le mérite de cet universitaire qui suscite admiration un peu partout est d’avoir fait de la lutte contre la pauvreté son cheval de bataille ». Vous avez raison dans votre jugement. Malgré ma longue absence du pays, nos compatriotes ne m’ont pas oublié. Je ne traîne pas dernière moi des casseroles, ce dont ils se souviennent. Ma candidature est unanimement approuvée. Il en est de même de mon programme. Je suis félicité et encouragé, ce dont je me réjouis. Il s’est spontanément créé sur toute l’étendue de notre territoire des comités de soutien autour de ma candidature et de mon programme. Des électeurs désabusés par les promesses non tenues qui ont juré ne pas voter ont décidé de le faire à cause de moi et de mon programme ce dont je leur suis très reconnaissant. Le rassemblement est là. Il est massif et franc. Il dépasse mes espérances. Je n’ai pas de raison de douter de quoique ce soit. Je suis non seulement le candidat des pauvres, des jeunes et des femmes mais aussi le candidat de la dernière chance. Il m’appartient de ne pas décevoir la confiance ainsi placée en moi, ce que je m’engage à faire.

LP : François BOZIZE sera candidat à sa propre succession. Est-ce que sa candidature ne constitue pas un obstacle pour les autres candidats qui ambitionnent de briguer le prochain mandat présidentiel ?

EA : Ne me faites pas faire la publicité de mes adversaires. Ne m’amenez surtout pas à tirer sur une ambulance. J’ignore si celui que vous citez s’est déclaré candidat à sa propre succession. Je sais une chose : il a pris un décret convoquant le corps électoral qui soulève le tollé général de la classe politique et se fait désirer par les siens pour se représenter. Je comprends son hésitation. Il a promis la paix et le plein emploi. Il ne les a pas tenus. Il n’a pas un bilan à défendre. N’ayant pas un projet crédible à proposer, pourquoi se dépêcherait-il ?

LP : Votre mot de la fin

EA : Vous remercier et vous encourager à persévérer dans votre métier de journaliste. Inviter le peuple centrafricain à demeurer vigilent, à veiller au grain, à ne pas se laisser distraire par les atermoiements d’un régime en panne d’inspiration et aux abois, à rester serein et à se préparer avec ferveur à accueillir le jour nouveau qui pointe à l’horizon dont est porteur le Pacte présidentiel pour la paix et la prospérité que je lui propose et l’invite à y adhérer massivement.

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